“Un mort par jour” à cause de la pollution à Lyon

Le collectif Valve (Venir à Lyon à vélo) organise un hommage aux victimes de la pollution de l’air ce mardi 6 décembre entre 7h30 et 9h30 sur le pont de la Mulatière. Pour nous parler de cette action, Fabien Bagnon, membre du collectif, a répondu aux questions de Lyon Capitale.

Lyon Capitale : Pourquoi organiser cet hommage demain, alors que la ville est en plein pic de pollution aux particules fines ?

Fabien Bagnon : Le sujet de la pollution à Lyon est un problème récurrent et on veut donc encourager les élus dans leur prise de conscience et dans la mise en place de plans d'action. L'événement était prévu de longue date et on l'aurait fait, qu’il y ait un pic de pollution ou pas, parce que le niveau de pollution est élevé tout au long de l'année et que cela préoccupe citoyens et décideurs.

Pourquoi un hommage aux victimes de la pollution de l'air ?

Ce sera un événement médiatique, mais moins drôle que d'habitude, parce qu’un mort par jour à Lyon, c'est une estimation basse : en France, il y a 45 000 décès prématurés par an dus à la pollution.

Que demandez-vous pour que cela change ?

En tant qu'association, on demande un plus large effort sur les transports en commun. On souhaite que le Grand Lyon mette plus de ressources financières en priorité sur le transport en commun et non sur l'A45, qui ne va pas dans le bon sens.

Pourtant, la ville communique beaucoup sur ce point et met en avant la forte progression du cycle dans les modes de transport ?

Oui, mais aujourd'hui, il faut développer également le réseau de la première couronne, pour des déplacements plus longs, ce qui est possible avec les vélos à assistance électrique. En Italie, en Espagne ou encore au Danemark, on a des parts modales de déplacement à vélo à 20 ou 30 % alors qu’à Lyon on est à environ 7 %. Sachant que le seul thermomètre, c'est une enquête pilotée par le Sytral.

“L’enjeu est sur la première couronne”

Si on continue comme ça, on risque d'être à la remorque des pays nordiques, mais aussi des pays du Sud, alors que l’amélioration de la mobilité c'est une double amélioration de la qualité de vie : en temps de transport et en espérance de vie.

Ne faut-il pas aussi réduire la place de la voiture en ville ?

On soutient vraiment le déclassement [de l'A6/A7, NdlR] parce que l'on considère que ça va améliorer la mobilité des Lyonnais en redistribuant l'espace urbain. Il faut donner une véritable alternative à l'automobiliste pour lui permettre d'aller vers un mode de transport plus performant en termes de temps et d'argent. Quand on donne la possibilité de choisir aux citoyens en ville, ils choisissent l'efficacité. C'est pour ça que l'enjeu est sur la première couronne, où l'offre de déplacement est moins dense. Il y a un véritable axe de progression sur l'intermodalité.

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