Trottinettes électriques à Lyon © Antoine Merlet
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Trottinettes : guerres de trottoir, actuelles et à venir à Lyon

5 000 trottinettes électriques en location sans station sont déjà dispersées dans les rues de Lyon. Elles pourraient être 10 000 cet été, avec au moins huit opérateurs différents. Entre nouveaux usages en matière de mobilité, privatisation de l’espace public et gêne occasionnée, les guerres des trottinettes électriques auront bien lieu à Lyon.

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Pour les amateurs lyonnais de photographie comme pour les touristes, difficile aujourd’hui de réussir un cliché sans au moins une trottinette électrique dans le cadre. Elles sont désormais omniprésentes, au mieux rangées sur le côté, au pire jetées de manière anarchique au milieu d’un trottoir, d’une piste cyclable ou au fond de la Saône et du Rhône. Lime, VOI, Tier, Wind, Flash, Bird, Dott..., sept opérateurs de location de trottinettes électriques sans station tentent de se partager le marché lyonnais, pour un total estimé à 5 000 engins, qui peuvent rouler jusqu’à 25 km/h. UFO, qui a tenté l’expérience, s’est déjà retiré. Uber sonde le terrain pour déployer à son tour un service et d’autres ont montré leur intérêt, au point qu’il pourrait y avoir une dizaine d’entreprises à Lyon cet été et 10 000 trottinettes dans les rues. Le concept n’a pas bougé depuis l’arrivée de Lime, premier opérateur à Lyon : une application sur smartphone permet de géolocaliser un engin puis de le déverrouiller. Cette opération est facturée un euro, la minute d’utilisation 15 centimes. Louer une trottinette dix minutes coûte donc 2,50 euros, la demi-heure 5,50 euros. Cher, par rapport à un ticket Vélo’v à 1,80 euro pour 30 minutes. Hors de prix même quand une bonne trottinette coûte 400 euros. Avantage des services de location : pas besoin de transporter son deux-roues, ni de penser au stationnement. Mais la liberté des uns… réduit l’espace public des autres.

De nouveaux obstacles

Avec la possibilité de se garer n’importe où, les trottoirs se sont retrouvés encombrés de nouveaux obstacles. Quand ils sont larges, ceux-ci peuvent être tolérés mais, dans certaines rues du 1er et du 2e arrondissement, il est parfois impossible de passer, surtout avec une poussette. Au début du phénomène, la ville a confisqué des engins, les rendant aux opérateurs lors de rencontres “façon échange d’espions lors de la guerre froide”, raconte Jean-Yves Sécheresse, l’adjoint lyonnais à la sécurité et à la tranquillité. Les opérateurs ont dû interdire des zones au stationnement, comme la place Bellecour ou le parc de la Tête-d’Or. Mais certains continuent de vivre un véritable enfer dans leurs déplacements urbains. En février, l’association Valentin-Haüy, qui propose de nombreux services et activités pour les personnes aveugles, et l’Union nationale des aveugles et déficients visuels sont ainsi montées au créneau pour dénoncer le danger que représentent pour les non- et les mal-voyants ces obstacles, responsables de chutes. Les opérateurs tentent de jouer la carte de la pédagogie avec leurs clients sur la question du stationnement ; ils ont les outils pour pénaliser financièrement ceux qui feraient n’importe quoi, mais un problème d’usage est apparu : certaines personnes tentent de prendre une trottinette sans payer de location et, voyant que l’engin n’avance pas, le laissent négligemment au milieu du trottoir. En l’état, impossible de lutter contre ce phénomène, qui se termine parfois par la destruction pure et simple du deux-roues.

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