Horace, de Corneille – Mise en scène Michel Belletante © Pierre Corvaisier
Horace, de Corneille – Mise en scène Michel Belletante © Pierre Corvaisier

Théâtre : à Vienne, on ne baye pas à Corneille !

Le directeur du théâtre de Vienne, Michel Belletante, monte une version d’Horace qui promet.

Sans conteste, l’arrivée de Michel Belletante à la direction du théâtre de Vienne a donné un sérieux coup d’accélérateur à ce joli théâtre à l’italienne. Le nombre d’abonnés y est passé de 420 à 766. En consacrant une bonne partie de la dernière saison à Molière, le nouveau patron a su aller à la rencontre d’un public nombreux. Une initiative en direction du théâtre de répertoire que l’on retrouve cette saison. Mais cette fois c’est la tragédie, et tout particulièrement Corneille, qui est mise à l’honneur. Ainsi, du 5 au 15 février, Michel Belletante met en scène Horace, la pièce la plus connue de Corneille après Le Cid. Une œuvre pourtant rarement montée ces dernières années et jamais en Rhône-Alpes depuis un demi-siècle. La résonnance avec l’actualité n’en est pas moins particulièrement aiguë. Horace a en effet pour intrigue des oppositions entre voisins et entre membres d’une même famille. Sous le règne du roi Tulle (VIIe siècle avant notre ère), Rome et sa voisine Albe sont en guerre. Une guerre fratricide puisque Rome et Albe sont séparées par 25 kilomètres… De nombreuses familles des deux cités sont liées par le mariage ou par les sentiments. C’est le cas des Horace (Rome) et des Curiace (Albe). Pour éviter une sanglante bataille, on s’accorde à désigner des champions dans chaque cité, issus de ces deux familles : trois frères de part et d’autre. Mais le Romain Horace est marié à Sabine, sœur de Curiace ; tandis que Curiace est fiancé à Camille, sœur d’Horace. Respect, honneur, violence, tout cela se terminera dans le sang et les larmes.

“Mon adaptation s’appuie sur les trois versions écrites successivement par Corneille [en 1641, 1660 et 1682] tout en s’affranchissant de certains filtres pour poser les enjeux dans le temps actuel. Mais on entendra bien sûr les imprécations cultes de Camille et son “Rome, l’unique objet de mon ressentiment…””, explique Michel Belletante. Sa mise en scène s’appuie sur une scénographie, signée par Claire Gringore, qui permet de jouer entre espace privé et espace public. Ainsi que sur la vidéo et les images de Sébastien Sidaner pour suggérer différents événements. Autant d’atouts, avec l’excellente Marianne Pommier dans la – jeune – distribution, qui devraient donner à ce spectacle une belle énergie sans nuire à l’écoute des vers cornéliens.


Corneille / Horace – du 5 au 15 février à 20h30 au théâtre de Vienne

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