Saint-Rambert se bat contre l'implantation d'une antenne-relais

Le quartier Saint-Rambert à Lyon 9e. est en effervescence. Les 8 octobre, les riverains ont eu la mauvaise surprise de découvrir que Orange avait décidé d'installer une antenne-relais sur le parking de l'ancienne halte ferroviaire de la rue des docteurs Cordier. Le collectif "Non à l'antenne à Saint Rambert" se bat depuis pour empêcher cette installation.

Tous les moyens sont bons et le collectif n'hésite pas à menacer de déposer un recours en mairie de Lyon pour violation du Plan local d'Urbanisme (PLU) ou devant le tribunal administratif, au nom du nom respect du principe de précaution. Car le quartier concerné fait parti de la zone classée de l'île Barbe et les riverains craignent de voir leur patrimoine perdre de la valeur du fait de l'installation jugée dangereuse pour certains. Yves Mallecourt, agent immobilier lyonnais contacté par notre rédaction confirme ces peurs à demi-mot. Lorsqu'on lui demande si l'installation d'une antenne-relais fait chuter les prix d'un terrain, il répond par la négative. Selon lui, les prix ne sont pas affectés directement. Il avoue toutefois que la présence d'une antenne-relais dans le quartier peut rebuter des acheteurs potentiels et donc indirectement faire baisser les prix d'achats.

Des ondes dangereuses ?

L'autre crainte est d'ordre sanitaire. La méconnaissance des effets des ondes téléphoniques sur le corps humain fait peur aux riverains du quartier. La nouvelle antenne mesurera plus de 21mètres de hauteur et les plus proches habitations ne seront qu'à 20 mètres de distance. D'autres habitations, plus écartées de l'antenne, seront, quant à elles, à hauteur d'émission. Mais ce qui inquiète encore plus les habitants, c'est l'ouverture prochaine d'une crèche sur les pentes à un peu plus de 100 mètres de l'antenne. Malgré la charte visant une entière transparence conclue entre les opérateurs téléphoniques et la ville de Lyon, le collectif se dit "choqué" sur son site internet de voir avancer ce projet "insensé". Collectif qui a déjà rassemblé plus de 700 signatures contre ce projet selon son site Internet.

Face aux dangers des ondes électromagnétiques, les habitants du 9ème arrondissement ne sont d'ailleurs pas les seuls à s'organiser. L'association SERA (Santé Environnement en Rhône-Alpes) organise le 5 novembre une conférence sur le thème " Téléphone portable, antennes relais, wifi… ondes électromagnétiques : quels risques pour la santé ? ", à 19h à la mairie du 4ème arrondissement. Invité par l’association, le Professeur Le Ruz du Criirem (Centre de Recherche et d’Information Indépendante sur les Rayonnements Electromagnétiques) viendra s’entretenir avec les participants sur les dangers que représentent spécifiquement les ondes téléphoniques qui relient les portables aux antennes-relais. Considéré comme un "hyperspécialiste" dans son domaine par Jacqueline Collard, contact de l'association, le Professeur Le Ruz fera la démonstration des conséquences de ces ondes sur les êtres vivants et l'hypersensibilité qu'elles font apparaître chez leurs victimes.

La mairie impuissante

Consciente de l’inquiétude générée par l’installation de cette antenne-relais, la mairie de Lyon 9 a répondu par un communiqué diffusé mardi 26 octobre. Elle rappelle dans celui-ci que "l’antenne-relais n’est pas installée sur un terrain propriété de la Ville" et ajoute, impuissante, que "tant du point de vue législatif que du point de vue juridique, la Ville n’est pas compétente en matière de téléphonie mobile". Elle rappelle également que les antennes sont installées selon les règles imposées par la loi et que le service Ecologie Urbaine de la Ville fait respecter les règles inscrites dans la charte de coopération mise en place entre elle et les opérateurs de téléphonie mobile.

à lire également
David Kimelfeld
Reçus ce vendredi par David Kimelfeld, les organisateurs de la marche pour le climat à Lyon ont de bonnes nouvelles pour l'environnement. Le président de la Métropole s'associe au vœu de sortie des énergies fossiles des investissements de la collectivité et a demandé la participation de citoyens à l'écriture du Plan Climat Energie Territorial 2020-2030 afin "d'aller plus loin face à l'accélération du changement climatique".   
3 commentaires
  1. Martin de Givors - 28 octobre 2010

    Pour ce qui concerne le code de l’urbanisme, les opérateurs doivent s’assurer que leurs projets respectent les plans locaux d’urbanisme (constructibilité, l’implantation, distances, hauteurs de construction...). Si l’installation ne dépasse pas 10 m2, elle est soumise à la procédure de déclaration de travaux.Un plan local d'urbanisme peut tout à fait interdire l'implantation d'antenne relais à condition de répondre à un motif d'urbanisme justifié dans son rapport de présentation (art. R. 123-2 C. urb.).Un permis de construire est exigé si l’installation comporte un ouvrage technique de plus de 100 m2 de surface hors œuvre brute sur un terrain non bâti, ou plus de 20 m2 de surface hors œuvre brute sur un terrain bâti. On notera que le code de l’urbanisme ne prend pas en compte les poteaux ou pylônes d’une hauteur n’excédant pas 12 mètres au-dessus du sol et pour les antennes d’émission ou de réception de signaux électriques qui ne dépassent pas 4 mètres.Pour le cas où un opérateur choisirait un terrain communal, le maire soumet la demande à la décision du conseil municipal. Pour les installations situées sur les immeubles collectifs, les copropriétaires sont invités à se prononcer en assemblée générale.On peut regretter qu'au Grenelle des ondes (un autre dîner de cons pour éco-tartuffes) rien n'ait été fait pour obliger de saisir le conseil Municipal pour délibération en cas d'implantation d'une antenne relais sur un terrain privé. C'est actuellement une formule de plus en plus retenue par les opérateurs de téléphonie mobile, ce qui leur permet d'échapper à certaines contraintes... Je rappelle que dans le cas où l'implantation de l'antenne relais n'est pas soumise à permis de construire, mais à une simple procédure de déclaration de travaux, c'est quand même le Maire qui autorise l'ouverture de cette procédure de travaux et si à postériori il découvre que des informations lui ont fait défaut lors de sa prise de décision, Dans le délai prévu par la loi, il peut saisir le tribunal administratif pour faire annuler l'autorisation d'ouverture des travaux. Comme on peut l'observer par ces quelques remarques, il n'est pas exact de dire que la ville (le Maire) ne peut rien faire et n'est pas compétente en matière de téléphonie mobile...Par ailleurs les communes ou leur groupements doivent négocier avec les opérateurs de téléphonie mobile des puissances qui soient le plus près possible du taux d’exposition de 0,6 volt mètre et situé à moins de 300 mètres d’une habitation. En abaissant la puissance, l'argument selon lequel il faudrait multiplier le nombre d'antennes relais avec des nuisances supérieures n'est pas acceptable, car l'impact d'une antenne dont la puissance est 40 volts/mètre et celui de 5 antennes à 0,6 volts/ mètre sur une surface plus étendue, soit 3 volts/mètre n'est pas la même.Encore faudrait-il engager un vrai débat sur la prolifération de l'usage de la téléphonie mobile...

  2. Theobaldo - 9 novembre 2010
  3. guidoline - 9 novembre 2010

    Plus d'infos sur ce sujet sur un site dédié : http://non-a-l-antenne-st-rambert-ile-barbe.byethost24.com/ Pour ceux qui souhaiteraient soutenir les riverains, une pétition est en ligne.

Les commentaires sont fermés

d'heure en heure
d'heure en heure

derniers commentaires

réseaux sociaux
Faire défiler vers le haut