Maison d'arrêt Lyon-Corbas
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Prisons : malgré l'accord, la situation reste crispée dans la région

Tandis qu'un accord a été conclu entre le gouvernement et le syndicat majoritaire UFAP UNSA Justice pour mettre fin à la mobilisation de grande ampleur des surveillants pénitentiaires, la CGT pénitentiaire et FO cherchent à poursuivre le mouvement.

Postes supplémentaires, quartiers spécifiques pour les détenus pour terrorisme et enveloppe de 30 millions pour renforcer les indemnités des surveillants. Voilà les grandes lignes du protocole d'accord signé ce vendredi par le syndicat majoritaire des surveillants de prison et la Chancellerie pour mettre fin au mouvement de blocage entamé deux semaines plus tôt. En Auvergne-Rhône-Alpes, l'accord avec le gouvernement a recueilli un peu moins de 70 % de votes favorables au sein du syndicat majoritaire, UFAP-UNSa Justice. "Persévérer dans un mouvement très dur pendant très longtemps n'est pas la meilleure manière de procéder, il faut savoir sortir par le haut" indique Dominique Verrière, secrétaire régional de l'UFAP-UNSA, qui précise que pour l'instant, il n'a été informé d'aucune procédure de suspension de surveillants par le ministère de la Justice dans la région.

"La situation reste très crispée"

Une sortie par le haut qui appelle cependant à la vigilance."Cet accord n'est pas blanc seing ni même une fin. Nous sommes sur le qui-vive tant que nous ne voyons pas l'application réelle de ce qui a été annoncé. Nous arrêtons car nous savons que les propositions de la ministre ne pouvaient pas aller tellement plus loin, mais la situation reste très crispée au sein des établissements pénitentiaires. Nous attendons de voir les applications dans la région, notamment sur les quartiers dédiés", ajoute-t-il. La veille de la signature de cet accord, Emmanuel Macron précisait soutenir "pleinement" la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, pour sortir de la crise. "Je ne m'engage pas sur des choses qui ne sont pas tenables", ajoutait-il en marge de son discours de vœux aux agriculteurs de Saint-Genès-Champanelle en Auvergne. Ainsi, 1 350 places en quartiers spécifiques et avec "étanchéité totale" et 150 places en quartier d'isolement ont été promises pour prendre en charge les détenus pour terrorisme, les détenus radicalisés ou particulièrement violents. En parallèle, le gouvernement a débloqué une enveloppe de 30 millions d'euros pour renforcer les indemnités perçues en complément de salaires par les surveillants de prison et prévoit la création de 1 100 postes sur quatre ans, dont 100 en 2018.

La CGT et FO veulent poursuivre la contestation

Les syndicats CGT et FO ont quant à eux refusé de signer le protocole d'accord avec le gouvernement, estimant que ce dernier n'allait pas assez loin, notamment en terme de recrutement et d'indemnisation des surveillants. "Sur la sécurité, il y a quelques avancées, mais toujours dans la prospective. Quant à l'annonce de recrutement, elle est très légère et nous n'arrivons déjà pas à recruter pour combler les manques. Ce n'est pas avec le renforcement indemnitaire proposé que le recrutement va devenir plus simple", estime Bruno Luchini, secrétaire général Auvergne Rhône Alpes de la CGT pénitentiaire. Pour l'heure, les appels téléphoniques entre les différents secrétaires généraux se poursuivent pour "donner des consignes précises sur la suite du mouvement" indique-t-il. Un rapprochement avec le syndicat Force Ouvrière serait également en cours.

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