Michel Thiollière dit oui à la TV sans pub

La télé sans pub continue de diviser. Alors que Jean-François Copé (UMP) et Jack Ralite (PC) se sont exprimés publiquement contre la suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques, Michel Thiollière, sénateur stéphanois (UMP) continue de soutenir la réforme de l'audiovisuel public. Dans les faits, cela se complique : il a décidé de voter en conseil d'administration la résolution proposée par le PDG de France Télévisions de suspendre les négociations sur la cession de 70 % de la régie publicitaire du groupe France Télévisions au duo Courbit-Publicis. Il s'explique.

Lyon Capitale : Pourquoi soutenir la décision de repousser la privatisation de la régie pub de France Télévisions ? Est-ce que ce n'est pas reculer pour mieux sauter ?
Michel Thiollière : Patrick de Carolis, en tant que chef d'entreprise, a une démarche que je comprends très bien. Il trouve qu'il est plus sage d'attendre d'avoir tous les éléments en main avant de décider. C'est en effet plus raisonnable d'y voir plus clair avant d'agir. Evidemment, cela ne va pas dans le sens du respect des engagements pris par le législateur. Mais il ne faut pas faire machine arrière, c'est logique de poursuivre cette réforme. Le gouvernement a promis dès la rentrée 2010 un rapport d'étape qui était prévu pour 2011, qui devrait nous aider. Et puis, à ce moment-là, France Télévisions aura son nouveau président.

Oui mais il faut avouer qu'il n'y a pas d'unanimité sur ce projet ?
On a vu à gauche comme à droite des personnalités s'indigner de la privatisation de la régie publicitaire du groupe France Télévisions et demander à conserver la publicité avant 20h30 mais le processus est lancé. Les mêmes qui ne voulaient déjà pas de la suppression de la publicité après le journal de 20h ne veulent pas non plus du reste. De mon côté, je l'ai toujours dit, je suis favorable depuis le début à cette réforme, fondatrice d'un audiovisuel de qualité. Tout cela amènera une dynamique financière, une autonomie de gestion et constituera une aide à la création. Nous sommes en bonne voie de réussir le pari d'avoir à la fois des intérêts commerciaux qui ne dictent pas leur loi et un Etat moins prépondérant. Chez nos voisins européens, comme en Espagne, cela fonctionne très bien, l'audience augmente.

Et quid des financements ?
La loi propose une redevance améliorée. Elle n'a pas augmenté en 2009 mais la loi prévoit que la contribution à l'audiovisuel public augmente de manière stable de 2 à 3 euros par an. Cette réactualisation tarifaire sera indolore pour le téléspectateur mais en mettant bout à bout les contributions, cela constituera une somme non négligeable. Il faudrait même aller plus loin et faire une réévaluation de la redevance et l'étendre à de nouveaux publics parce qu'il existe trop d'inégalités : ceux qui paient une seule redevance pour un foyer avec plusieurs téléviseurs, ceux qui paient pour le téléviseur dans leur résidence secondaire, etc.

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