magasin La Fourmis du 1er arrondissement – Max Desgoutte

Magasin de déstockage à Lyon : la Fourmi a fait son trou

Depuis quelques années, les magasins de déstockage fleurissent partout en France. C’est le cas de La Fourmi qui s’est implantée à Lyon et qui possède deux magasins. Les prix, bien plus bas que sur le marché, attirent une clientèle très large. Les produits bios et les vins restent les plus prisés par les consommateurs.

Des vins à 3 euros en moyenne, des pizzas à 2,50 euros, des Pringels à 1,50 euro ou encore des canettes de Sprite à 0,60 euro. Voilà toutes sortes de produits que l’on peut trouver au magasin lyonnais La Fourmi. Si les prix peuvent surprendre par leur accessibilité, ce n’est pas là que réside la véritable particularité du magasin. La spécialité de La Fourmi, c’est le déstockage. Fondée en mars 2015 par Pierre Christen, la petite enseigne s’est d’abord implantée rue des Termes, en bas des pentes de la Croix-Rousse. Mais dans un contexte de remise en question des modes de consommation, La Fourmi a parcouru du chemin et s’est très vite développée. Il y a quatre mois, l’enseigne a ouvert un deuxième magasin à la Guillotière, preuve supplémentaire de sa réussite dans la fourmilière lyonnaise. Aujourd’hui, ce n’est pas moins de 10 employés qui s’activent, chaque jour, pour faire vivre les magasins et répondre à la demande des clients, toujours croissante.

"Nous sommes anti-gâchis, on ne jette rien !"

De nos jours où la production est parfois plus importante que la demande, le déstockage s’est imposé comme un rempart efficace, quasi nécessaire, contre le gaspillage. C’est là que réside le cœur du problème actuel. "On veut insuffler des valeurs et sensibiliser nos clients contre le gaspillage. Ici, nous sommes anti-gâchis, on ne jette rien !", affirme Lou Hulliard, vendeuse chez La Fourmi dans le 1er arrondissement. La petite chaîne lyonnaise travaille majoritairement avec des grossistes. Fins de stocks, bons plans, promotions ou encore dates de péremption courtes… Voilà tous les produits que l’on peut trouver sur les étagères du magasin. "On ne vend pas de produits frais mais essentiellement des produits secs, ceux qui ne vont pas au frigo". La politique de la chaîne est simple. Elle considère que les produits ont tous une deuxième vie. C’est le cas de certains sachets de pâtes qui peuvent être percés lors de livraisons (donc invendables en grande surface) et seront remballés dans les magasins La Fourmi. Une chose inimaginable dans un commerce plus important. "La plupart du temps, les supermarchés commandent trop de produits et les renvoient à leurs grossistes qui nous les revendent à plus petits prix. On reçoit aussi des produits avec des problèmes packaging et qui ne sont pas commercialisables", explique Lou Hulliard. Depuis quelque temps, des producteurs locaux démarchent auprès de l’enseigne lyonnaise pour vendre leurs produits "mais ça reste compliqué, car leurs prix restent parfois élevés et au-dessus de ce que l’on propose".

Magasin La Fourmi du 1er arrondissement - Max Desgoutte

À la recherche d’une clientèle hétérogène

Avec ses magasins, La Fourmi veut toucher un public très large. "Notre clientèle est très hétérogène. Nous déstockons beaucoup de marques, ce qui attire des clients avec un pouvoir d’achat plus élevé. À l’inverse, nous avons aussi des produits discount pour que ceux qui ont de plus petits moyens puissent acheter ce qu’ils veulent", analyse Lou Hulliard. C’est grâce à cette diversité de produits et de clientèles que la chaîne lyonnaise se défend d’être "une épicerie sociale". Des prix accessibles pour tous, et sur toutes les gammes, c’est ce qui fait la force du magasin. "Les gammes les plus intéressantes seront les produits bios, bien moins chères qu’en grande surface ou dans les magasins spécialisés, les canettes de soda ou encore le vin, vendu entre cinq et dix euros moins chère que sur le marché. C’est important de rappeler qu’un prix ne fait pas la qualité d’un produit et notre rayon de vins le montre parfaitement. Certaines bouteilles sont vendues 15 euros, alors qu’ici elles coûtent 4 euros", affirme Lou Hulliard. Mais La Fourmi se défend également de créer toute sorte de concurrence dans le quartier. "Nous n’avons ni les moyens des grandes enseignes de périphéries comme Carrefour ou Auchan, et nous touchons un public plus varié que les petites enseignes discount de quartier", rétorque Lou Hulliard. À l’heure où certains clients cherchent à changer leurs modes de consommation, les magasins de déstockage comme La Fourmi représentent une alternative durable et très intéressante.

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