Lyon : l’appel à l’aide des enseignants d’un collège du 9e

Depuis l’arrivée d’un nouveau principal, la situation se dégrade au collège Victor Schoelcher (Lyon 9e) selon le corps enseignant. En grève lundi 7 mai au matin, ces derniers se mobilisent pour dénoncer la détérioration de leurs conditions de travail.

Problèmes financiers, conditions de travail du personnel qui se dégradent, les enseignants du collège Victor Schoelcher, un établissement de REP+ situé à la Duchère, n’ont pas de mots assez durs pour qualifier l’état de leur collège. "Depuis décembre, la situation n’est plus vivable, explique une enseignante. Il y a un énorme problème en termes de management du personnel. Il n’y a absolument pas de concertation, ni aucune écoute de la part de la direction". Un problème de ressources humaines qui prendrait sa source avec l’arrivée d’un nouveau proviseur il y a trois ans selon le personnel.

Le tourment du corps enseignant

Le 8 mars dernier, le corps enseignant avait réussi à obtenir de la direction qu’elle leur accorde un entretien. Après avoir exposé la situation, en exprimant son urgence, le principal n’a fait aucun retour. "Il n’y a aucune discussion possible, dénonce une enseignante. Même alors que la situation s’apparente à du harcèlement, la direction refuse de nous entendre". À l’issue de ce rendez-vous raté, trois professeurs du collège se sont mis en arrêt maladie. En cause : une souffrance psychologique accrue du fait du harcèlement subi de la direction. "Ils étaient très investis, et ce depuis plusieurs années, indique l’une de leurs collègues. Aujourd’hui, on refuse toutes leurs initiatives, et on remet en cause leur pédagogie. À force, ils ont craqué".

"L’administration étouffe le problème"

Plutôt que d’assurer son rôle de médiateur auprès des professeurs les plus touchés, le rectorat a choisi de proposer leur mutation. "L’administration étouffe le problème, se lamente un enseignant. Plutôt que d’assurer leur suivi et de leur garantir les meilleures conditions de travail, on cherche à les déplacer, à les faire changer de collège. Ce n’est pas normal". Faute de prise de décision et de médiation avec la direction, la situation dans l’établissement reste sclérosée. "Plus personne n’ose proposer des projets ou des initiatives, de peur d’être le prochain à en souffrir, regrette une enseignante. La dynamique de projet va très mal, alors que ce devrait être l’inverse".

Un problème sans solution ?

Suite à la réunion avec la direction, certains enseignants du collège ont pris l’initiative de contacter le rectorat, pour dénoncer le problème à la source. Le 20 mars dernier, une délégation de professeurs a été reçue en audience par un inspecteur de l’académie, afin de dénoncer les problèmes, et de témoigner de l’urgence de la situation. Sans succès. "Depuis cet entretien, ils nous ont proposé des rendez-vous individuels pour fin mai, explique une enseignante. Mais ce sera trop tard : il faut résoudre le problème maintenant. Nous souhaitons simplement pouvoir travailler normalement". Compte tenu de la situation, les professeurs concernés ont choisi de refuser les entretiens, dans l’attente d’une action plus déterminante de la part du rectorat. Contactés, la direction du collège et le rectorat n’ont pas souhaité répondre à nos questions.

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