Extrait vidéo Twitter. Mathis_069.

Lyon : déferlement de violences en marge de la contre-manifestation LGBT ce dimanche

Selon plusieurs témoignages, des manifestants venus protester contre la tenue d’un rassemblement anti PMA-GPA ce dimanche ont été violemment agressés, à la fin de la mobilisation, vers la place des Jacobins, dans le 2e arrondissement de Lyon.

Quand elles en parlent, elles en tremblent encore. Léa* et Marion* ont participé ce dimanche à la contre-manifestation organisée sur les réseaux sociaux face au rassemblement du collectif "Marchons enfants". Ce collectif, réunissant bon nombre d’associations dont la Manif pour tous, s’oppose à la PMA et la GPA. À la fin de la manifestation place Bellecour, un peu après 16h, les choses ont dérapé et plusieurs contre-manifestants rapportent avoir été attaqués vers la place Jacobin.

Une contre-manifestation très mal organisée

Marion l’admet sans détour, si elle est allée manifester ce dimanche c’était dans le but de perturber la marche du collectif Marchons enfants, "Le public de la contre-manif, c’était la communauté LGBT donc ils étaient énervés, il y a eu des insultes, on a fait des doigts d’honneurs, chantés des slogans, de la provocation, mais inoffensifs" décrit-elle. La contre-manifestation, "très mal organisée" déplorent Léa et Marion, s’est disloquée en petits groupes sur la Presqu’île dans le but de s’approcher du cortège de "Marchons enfants", encadré par un service d’ordre en fluo et par les forces de l’ordre.

C’est dans ce contexte très tendu que la marche s’est arrêtée place Bellecour, au lieu de rejoindre Guillotière comme initialement prévue, "pour des raisons évidentes de sécurité publique" explique la préfecture. C’est à ce moment-là, un peu après 16h, que les choses ont dégénéré.

Des bagarres ont commencé à éclater entre les deux camps dans les rues adjacentes à la place Bellecour. Pour Léa et Marion, ces affrontements ne doivent rien au hasard, elles expliquent toute les deux avoir remarqué être suivie dans les petites rues par des participants de la manifestation "Marchons enfants", "on les repérait grâce aux drapeaux rouges et verts, utilisé pendant la manif, qui sortaient de leurs poches" précise Léa. Selon Marion, ces groupes "étaient là pour chasser".

Les contre-manifestants chargés par un groupe doté de drapeaux de "Marchons enfants"

Vers la place des Jacobins, des contre-manifestants ont été victimes d’une véritable charge rapide et organisée, exécutée par une centaine de personnes estime Léa, à vue d’œil, "Leur mode d’action était terrifiant, ils arrivaient en gros groupe en fonçant sur nous, en poussant comme des cris de bêtes" se remémore-t-elle. Elle ajoute avoir aperçu dans certaines mains du groupe des tournevis, des matraques, des ceintures utilisés pour frapper les militants LGBT. Marion a également été témoin de la scène, "Au Jacobin c’est vraiment parti loin…", souffle-t-elle, ajoutant "c’était vraiment n’importe quoi…". Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux semble corroborer le témoignage de Léa et Marion. On y voit la charge, rue des Archers entre Bellecour et Jacobin, les fameux drapeaux rouge et verts de la manifestation, ainsi qu'une ceinture utilisée comme une arme.

Deux blessés légers

La préfecture confirme qu’une rixe lui a bien été signalée au niveau de la place des Jacobins, cependant aucune remontée ne fait état d’armes blanches. La police est arrivée après la charge pour mettre fin aux violences puis poursuivre le groupe qui en était à l'origine. Trop tard selon les deux manifestantes. Des personnes ont tenté d'indiquer la direction prise par les assaillants aux fonctionnaires, avec difficultés, "Ils n’arrivaient pas à communiquer avec eux, on était trop énervés, traumatisés", regrette Marion. Une scène visible sur la seconde vidéo.

La préfecture rapporte que deux contre-manifestants ont été légèrement blessés. Ils ont refusé d’être pris en charge par les secours.

Pour Marion, l’affiliation des auteurs de la charge fait peu de doute, "Leur démarche, leur dégaine, la façon de regarder, cela se voyait, c’étaient des fachos". Le fait que le groupe ait fuit l’arrivée de la police vers le Vieux-Lyon est pour elle une preuve supplémentaire.

*Les prénoms ont été modifiés

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