J'ai fait un rêve : tout le monde mangeait à sa faim, et équilibré...

La précarité augmentant et le pouvoir d'achat étant en chute libre, le nombre de personnes pouvant bénéficier de cette forme de solidarité est en explosion.

Notons en effet que le nombre de victimes de malnutrition augmente : ceux qui ne mangent pas à leur faim et ceux qui mangent de façon déséquilibrée. Dans les deux cas, la cause est souvent la même : la paye à la fin du mois ne suffit plus à couvrir le loyer et les charges incompressibles. La campagne " mangez 5 fruits ou légumes par jour " en devient presque risible et décalée des réalités quotidiennes. Certes, il vaut mieux en rire qu'en pleurer, mais lorsque l'on en est à ne plus avoir les moyens d'acheter 1 kg de pâtes, on ne peut qu'éviter le rayon fruits et légumes frais avec des prix de 3 à 5 euros au kilo.

Et le problème s'étend, non seulement touchant les personnes sans emploi, mais aussi celles à bas salaires, à petites retraites, les étudiants, et pire même, les enfants par répercussion alors même que leurs parents se saignent pour éviter qu'ils pâtissent de leur situation. Savez-vous par exemple que pour certaines personnes, l'achat de boîtes d'aliment pour chiens ou chats est une rare source de protéines à bas prix (et encore, lorsque l'on voit le prix de ces boîtes...), et que c'est pour cela que les contrôles des services vétérinaires sont aussi drastiques pour ces denrées à destination animale que pour celles vouées à la consommation humaine ? Tatie Danielle n'est plus une fiction mais la réalité journalière de certains de nos concitoyens, il faut en être conscient.

C'est pour toutes ces raisons qu'il est urgent de réévaluer les salaires et pensions les plus bas, car il n'est pas acceptable que dans notre pays riche (que d'aucuns voient en faillite), des gens souffrent de malnutrition. Il faut aussi et surtout ne pas oublier que pour la plupart des jeunes, le repas en cantine scolaire ou self ou resto U, est le seul repas équilibré de la journée, quand ce n'est pas le seul repas tout court. C'est pour cette raison qu'il faut lutter pour que tous les enfants qui souhaitent en bénéficier puissent avoir une place en demi-pension, pour que les repas proposés restent accessibles financièrement à tous, tout en étant de la meilleure qualité nutritionnelle possible, et en privilégiant l'accueil personnalisé, parce qu'à contrario de ceux qui défendent le repas unique, " que cela plaise ou non ", il faut persister et signer qu'il vaut mieux un enfant qui mange son repas plutôt qu'un enfant qui s'en prive pour des raisons qui souvent le dépassent. Une société qui se respecte ne fait pas souffrir ses enfants au nom de pseudo-principes parfois d'un autre temps. Enfin, il est urgent de rénover les cités universitaires et de penser au niveau de vie de nos étudiants. Lorsqu'un jeune met ses aliments frais dans un sac plastique pendu à l'extérieur de sa fenêtre en hiver parce qu'il n'a pas de frigo ou que ses courses disparaissent du frigo commun à tout un étage, lorsqu'il boit un thé fait avec de l'eau passée à vide dans une vieille cafetière parce qu'il n'a pas les moyens de s'acheter une bouilloire électrique, je pense qu'il est grand temps d'accepter enfin de se poser les bonnes questions et surtout d'y apporter des solutions durables et concrètes, des solutions socialistes.

Corinne Arquillière

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