Cohn-Bendit, Bové et Hulot sont sur un bateau...

Du coup, les militants ont le choix entre une union de la gauche ou un rassemblement des écologistes, dans la perspective des élections européennes de 2009. Soit le déjà-vu de l'ex-gauche plurielle, soit un attelage inédit. Ils peuvent avoir les deux mais selon la formule de Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, ce sera de toute manière " de la haute couture relationnelle ". Et avant même le débat de samedi, les militants commencent déjà à faire la moue. " Bové et Hulot, c'est la carpe et le lapin " répète un militant qui s'inquiète de voir les amis de Nicolas Hulot en appeler au Modem, aux humanistes de droite et de faire de l'écologie un mouvement sans couleur politique.

" L'écologie n'est pas compatible avec le libéralisme, donc elle est de gauche " affirme Jérôme Gleizes, membre du bureau exécutif des Verts. Même si Cécile Duflot a réussi le pari de réunir les trois tribuns de l'écologie politique, ceux-ci freinent les enthousiasmes des deux fers avant le débat de samedi. José Bové, faisant semblant de ne pas voir l'agitation qui l'entourait à son arrivée a été laconique : " moi, je ne sais pas. J'attends le débat de demain. On verra ". Daniel Cohn-Bendit, lui, s'est référé au " J'ai parlé, j'ai semé, j'écoute " de Mao Tse-Tung : " Vendredi, j'écoute et samedi, je parle. " Accueilli par Cécile Duflot, il a poursuivi en déclarant qu' " il y avait unanimité et unanimité, ce qu'il faut savoir c'est ce qu'il y a derrière l'unanimité."

Pour Etienne Tête, adjoint Verts au maire de Lyon, la meilleure tête de liste pour les Verts aux européennes est Nicolas Hulot. " Pour gagner les élections, il faut un nom, un parti et de l'argent. Bové, il ne sait pas ce qu'il veut faire. On l'a vu aux dernières présidentielles. Un coup, je me présente, un coup,je me retire. Et, puis, il n'a pas d'argent. Nicolas Hulot aurait déjà dû être notre candidat aux présidentielles. Nous avons besoin de Hulot comme il a besoin des Verts. " D'autres, comme Jérôme Gleizes, entrevoient plutôt Nicolas Hulot comme un soutien d'un grand mouvement d'écologie politique sans engagement politique de sa part. " Car après l'échec de Bové et des Verts aux présidentielles, c'est ce vers quoi il faut aller. Le débat de samedi permettra de lancer le processus ". Samedi à Toulouse, Bové, Cohn-Bendit et Hulot sont sur un bateau. On saura alors si l'un d'entre eux tombe à l'eau.
Slim Mazni

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