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Assurance maladie du Rhône : les frais de transport dérapent

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Au 1er semestre, les dépenses de santé dans le Département se sont élevées à plus de deux milliards d'euros. Parmi les hausses les plus significatives, la prise en charge des affections de longue durée et le transport des patients du domicile à l'hôpital.

+ 6,33 %. La Caisse primaire d'Assurance maladie du Rhône établit un bilan de ses dépenses au cours du premier semestre 2011. Et celles-ci ont encore progressé de 6,33 % par rapport au 1er semestre 2010, atteignant 2,048 milliards d'euros. Cette somme se répartit entre 1,222 milliard pour les hôpitaux et 825,6 millions pour la médecine de ville.

Les dépenses d'hospitalisation sont en augmentation de 7,28 %. Mais ce chiffre traduit surtout un tour de passe-passe comptable : une partie des crédits versés aux établissements comptant pour 2010 ont été reportés début 2011. Voilà qui gonfle artificiellement les chiffres de cette année. Parmi les 1 222 millions engagés, 890,3 concernent à proprement parler l'hôpital public, tandis que 152,3 sont affectés aux cliniques, le restant allant aux établissements médico-sociaux pour personnes âgées ou handicapées. La médecine de ville coûte 4,94 % de plus que l'an dernier alors que l'objectif était fixé à + 2,8 %.

Dérapage des frais de transport

L'Assurance Maladie s'est intéressée aux évolutions depuis 2010. Au cours du 1er semestre, ce sont les frais de transport des malades qui ont franchement dérapé, s'aggravant de 14,1 %. Ils ont coûté 25,7 millions d'euros. Cette évolution apparait sidérante au regard de la tendance nationale (+5 %) et aux objectifs de la Sécurité sociale (+2,9 %). Cette hausse se concentre sur les transports en taxi (+17,2 %) plus que par ambulance (+13,8 %). La CNAM éprouve des difficultés à expliquer ce phénomène. "Le recours au taxi a été plus fort. Sans doute est-ce la conséquence de facilités de paiement, notamment le tiers payant ? Ce service est considéré par beaucoup de patients comme un droit. Il faut aussi prendre en compte l'allongement des distances parcourues, du fait de la fermeture de petits hôpitaux et la création de grands pôles hospitaliers", précise Laurent Colas, économiste en santé à la CNAM Rhône. L'Assurance Maladie promet d'intensifier les contrôles pour traquer les abus.

Les arrêts de travail sous maitrise

Parmi les augmentations à venir, les établissements médico-sociaux (+ 9,2 %), du fait l'ouverture de nouveaux lieux de vie pour personnes âgées, les consultations (+ 9,1 %) à cause du renchérissement, au 1er janvier dernier, du tarif de consultation des généralistes à 23 euros, puis les soins infirmiers (+8,9 %). "C'est un effet direct du vieillissement de la population : 80 % de ces soins sont concentrés sur les patients âgés de plus de 75 ans, notamment pour la toilette de personnes dépendantes. On s'attend à ce que ce chiffre augmente chaque année", commente l'économiste. En revanche, ont été contenues les dépenses des cliniques (+2,3 %) fixées par des objectifs précis, les achats de médicaments (1,8 %) et les actes dentaires (+ 1,3 %). "C'est un effet de l'hygiène qui progresse. A terme, on aura même une diminution", pronostique Laurent Colas. Les indemnités journalières, relatives aux arrêts de travail pour maladie, souvent stigmatisées comme responsables du trou de la Sécurité sociale, paraissent ici maitrisées (+ 1,95 %). La CNAM observe toutefois une hausse plus marquée au 2e semestre.

Le coût des affections de longue durée

La CNAM cible en particulier les patients exonérés du ticket modérateur au titre d'une affection de longue durée dont le rythme de progression des dépenses de ville est de 6 % tandis que ceux qui ne sont pas exonérés de ticket modérateur voient leurs coûts pour la collectivité baisser de 2,9 %. Ces personnes sont par exemple atteintes d'un cancer, du diabète, de l'hypertension ou de maladies cardio-vasculaire. "Ils représenteront d'ici à 2015 15 à 20 % de la population. Ils concentrent 3/4 des dépenses de santé et surtout 80 % de l'augmentation des dépenses d'une année sur l'autre", explique l'économiste. Ces patients sont de plus en plus nombreux car "on vit de plus en plus longtemps avec des pathologies chroniques et heureusement". Selon lui, des économies peuvent être réalisées, "non pas en ne prenant pas en charge leur maladie mais en évitant des complications par une meilleure observance de leur traitement, une surveillance régulière, une bonne hygiène de vie et la pratique d'exercices".
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Baisse des consommations d'antidépresseurs, flambée des anti-diabétiques

Les Rhodaniens consomment moins de médicaments que la moyenne des Français. "Leur état de santé est meilleur, explique Laurent Colas. Parce que les revenus et les niveaux socio-culturels sont supérieurs. Par que l'offre de soins est diversifiée et performante". C'est la tendance entre 2010 et 2011 que la CNAM observe et certains écarts sont saisissants : les rhodaniens se sont davantage dopés aux antibiotiques qu'en 2010 (+1,3 % contre + 0,2 % en moyenne nationale) - la grippe a sans doute davantage sévi chez nous. "Ces dernières années, on a réussi à diminuer leur consommation de 20 à 30 %", souligne Laurent Colas. Les habitants du Rhône ont réduit leurs achats d'antidépresseurs qui progressent au niveau national (- 0,2 % contre + 1,3 %). Ils ont aussi baissé leurs dépenses d'inhibiteurs de la pompe à protons (anti-ulcéreux), notamment grâce aux génériques. Mais ils peinent à contenir la flambée des anti-diabétiques. "4,5 % de la population française a un diabète, et ils concentrent 10 % des dépenses totales de santé", pointe l'économiste.

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