Météo Financière

Inversement une monnaie plus faible permet d'appliquer une politique de prix agressive à l'export. Le pouvoir politique et la banque centrale américaine ont su trouver un terrain d'entente sur le sujet puisque face au ralentissement économique provoqué par la crise du crédit hypothécaire, la Fed se montre active et n'hésite pas à baisser ses taux d'intérêts afin de soutenir l'investissement et la consommation et laisser ainsi les marchés financiers vendre du dollar pour acheter de l'euro : au fil des baisses de taux décidées par la Fed, les placements à un "taux Fed" deviennent de moins en moins rémunérateur par rapport à des placements monétaires à un "taux BCE". Ce différentiel crée un accroissement de la demande d'euro qui devient alors plus cher par rapport au dollar. Aux Etats-Unis, le pouvoir politique, la Réserve Fédérale et les marchés financiers semblent ainsi avoir trouvé une convergence d'intérêts. Qu'en est-il en Europe ?

Euro trop fort, signe d'une politique européenne faible
Au dernier sommet de l'Eurogroupe [1], mi-octobre, l'Allemagne, les Pays-Bas et l'Autriche avaient refusé d'exprimer des inquiétudes sur la faiblesse du dollar dans leur déclaration finale. L'Europe était apparue divisée quelques jours plus tard à la réunion du G7, et, depuis, l'euro n'a cessé de grimper, passant de 1,41 dollar le 12 octobre puis à 1,49 dollar le 23 novembre !

Un début de coordination européenne pour une politique monétaire active
La chancelière allemande, Angela Merkel, a peut-être donné le coup d'envoi d'une nouvelle politique monétaire européenne en déclarant jeudi 21 novembre que "l'euro fort posait naturellement problème".

Alors que jusqu'ici les responsables allemands avaient adopté une position plutôt neutre par rapport aux évolutions de l'euro sur les marchés des changes, Angela Merkel reprend ainsi à son compte les interrogations sur la croissance exprimées ces dernières semaines par d'influents économistes allemands ainsi que par les principaux instituts de conjoncture. Elle se montre à l'écoute aussi des signaux d'alarme lancés par certaines entreprises, notamment Airbus.
Le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, le commissaire aux affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia, mais aussi le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso ont également repris la position de la France sur l'euro.

Devant la perspective d'une nouvelle baisse de taux par la Fed le 11 décembre, les représentants politiques européens iront-ils jusqu'à encourager, d'une même voix, la BCE à emboîter le pas de la banque centrale américaine ?

[1] L'Eurogroupe est né en 1997 de la nécessité pour les pays de la zone euro de se concerter sur l'ensemble des dossiers concernant la monnaie unique.

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