LC 718 p. 46-47

Dans l’enfer des cantines lyonnaises

Victimes de leur succès, les cantines lyonnaises débordent. Insuffisance cruelle de places, cuisine centrale saturée et surtout manque de personnel qualifié pour s’occuper des enfants, parfois livrés à eux-mêmes : à l’aune du passage à la semaine de 4 jours et demi (probablement à la rentrée 2013), le service public de restauration scolaire de la deuxième ville de France se détériore de manière inquiétante. Une enquête à lire dans Lyon Capitale-le mensuel de janvier.

En France, près de 3 millions d’enfants, de la petite section au CM2, déjeunent chaque jour à la cantine. Un sur deux. À Lyon, ils sont quasiment 22 000. Un ratio historique de sept écoliers sur dix. Depuis plusieurs mois, les cantines de Lyon ont atteint leur taille critique, au-delà de laquelle le service public ne peut plus être assuré en termes de qualité, de sécurité et d’hygiène. À quatre reprises, en octobre et en novembre derniers, les syndicats ont tiré la sonnette d’alarme.

Surpopulation, nombre d’Atsem** qui ne suit pas, “usure professionnelle” (de l’avis même de l’adjoint en charge des ressources humaines à la mairie)… Résultat : “Les vacataires, [qui] devraient être utilisés comme une variable d’ajustement, (…) sont devenus aujourd’hui un véritable système de fonctionnement”, d’après la CGT.

Une cuisine centrale saturée

Outre ses problèmes d’encadrement, le système de restauration a aussi atteint un seuil critique d’un point de vue purement technique. La cuisine centrale de Perrache construite en 1987 est aujourd’hui saturée. Vu qu’elle fait partie des bâtiments de la ZAC Confluence qui doivent être démolis, son déménagement est programmé. En septembre 2014, elle devrait occuper l’ancien centre de production alimentaire de l’armée de terre (quartier Ostérode), à Rillieux-la-Pape. (…) Coût du transfert : 13 millions d’euros.

Selfs : un choix très critiqué

Pour faire face à l’augmentation régulière de la fréquentation des cantines, la mairie a trouvé la parade : le self-service. Un choix qui ne résout pas les problèmes d’encadrement, qui multiplie les déchets et semble loin de l’éducation au goût pourtant largement défendue : “Les enfants ne mangent plus, ils avalent.” (…)

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Également au sommaire de ce dossier Cantines :

• Réforme des rythmes scolaires : cantine ou pas cantine le mercredi ?

Les cantines lyonnaises en chiffres : budget, évolution du prix, nombre de repas, personnel…

• À̀ Lyon, 1/3 des repas est jeté tous les jours

• Entretien avec Philippe Durrèche, conseiller en restauration collective et coauteur de Cantines : le règne de la malbouffe ?

L’aile ou la cuisse : la guerre des industriels (Sodexo et Elior)

Discrimination dans les cantines : le bras de fer d’Oullins

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Un dossier à retrouver en intégralité dans Lyon Capitale n°718, en vente en kiosques jusqu’au 24 janvier, et dans notre boutique en ligne.

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