vins Elysée

Hollande vend la cave de l'Élysée par souci d'économie

Montrachet, romanée-conti, échézeaux, romanée saint-vivant, clos du mesnil de Krug, châteaux Cheval Blanc, Ausone, Angélus... Un dixième de la cave de l'Élysée est mise en vente jeudi 30 et vendredi 31 mai.

C'est un endroit ultra-secret, fermé à double tour par une porte blindée et situé à quelques pas du centre de commande de l'arsenal nucléaire français. C'est pour dire l'importance du lieu. Seules quelques personnes sont habilitées à y pénétrer.

C'est ici qu'est représentée une partie de l'Histoire de France. Et que la République abrite une partie de son prestige et, selon certains, « l'une des pièces d'artillerie de sa diplomatie ». Car ces vins sont destinés aux invités du chef de l'État. La France doit être à la hauteur de la réputation de ses vignobles, patrimoine national.

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La plus belle cave de la République

Jeudi 30 et vendredi 31 mai, la maison de ventes Kapandji-Morhange met en ventes chez Drouot-Richelieu, à Paris, 1 200 bouteilles de la cave de l'Élysée, soit un dixième de l'ensemble . Soit une estimation globale d'environ 250 000 euros.

« Cette opération a pour objectif de permettre un renouvellement de la cave du Palais de l’Élysée par autofinancement », explique l'Élysée via la maison Drouot.

La cave, la plus belle de l'État – même celle du Sénat, deuxième table de la République, et celle du Quai d'Orsay, qui compte renferme l'une des plus belles collections de champagne millésimés et de blancs de Bourgogne, ou de Matignon, ne l'égalent pas -, a été imaginée à l'après-guerre, en 1947, sous la présidence de Vincent Auriol.

Les installations avaient entièrement été revues, une climatisation installée et les achats augmentés de 20 % sous l'ère Chirac, certes grand amateur de bières mais aussi de grands vins.

Aujourd'hui, la cave de l'Élysée préserve pas moins de 12 000 bouteilles, dont de très grands crus comme les romanée-conti, échézeaux, romanée saint-vivant en Bourgogne, les vouvray dans la Loire, les pétrus, cheval blanc, ausone et angélus en Bordelais, côte rôtie brune et blonde en côtes-du-rhône, etc.

250 000 euros d'achats annuels

Le vin, c'est toute l'histoire de la France.

Valéry Giscard d'Estaing introduit la nouvelle cuisine à l'Élysée avec « la bande à Bocuse ».

Pour l'anecdote, le 25 février 1975, Paul Bocuse reçoit la Légion d'honneur des mains du Président de la République Valéry Giscard d'Estaing. Il est invité sous les ors présidentiels avec douze grands noms de la cuisine française, dont Michel Guérard, Jean Troisgros, Roger Vergé, Jean-Pierre Haeberlin, Alain Chapel et Louis Outhier.

C'est aussi cette date qu'a choisi Valéry Giscard d'Estaing pour lancer ses « causeries au coin du feu ». Dans les cuisines du Palais, Paul Bocuse prépare ce qui deviendra sa fameuse soupe VGE, Michel Guérard ses aiguillettes de canard, Roger Vergé sa salade du Moulin, Pierre et Jean Troisgros leur escalope de saumon à l'oseille. Et Maurice Bernachon son fameux gâteau. Le lendemain, Le Figaro titre : « Ruban rouge et cordon-bleu ». La postérité est en marche. La nouvelle cuisine de la bande à Bocuse avec.

François Mitterrand, élu de la Nièvre, privilégia une cuisine de terroir avec des bourgognes, notamment le mâcon blanc.

Edouard Balladur, qui voulait briller et défier François Mitterand, organisa de luxueux banquets avec laquais, le tout arrosé de très grands crus.

Lionel Jospin,quant à lui, contexte de scandales oblige, réduit le train de vie de l' Élysée.

Nicolas Sarkozy, lui, n'aimait pas le vin. Sa conseillère Emmanuelle Mignon avait d'ailleurs décidé de réduire de quelques dizaines de milliers d'euros les achats nnauels de vins, en préfrant des « seconds vins » pour les visiteurs.

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Une cave normale pour un président normal ?

François Hollande, à son tour, met son nez dans ce trésor élyséen et décide de vendre une partie de la cave du Palais de l'Élysée : 1 200 bouteilles sur les 12 000 soigneusement stockées.

« Dans un souci de saine gestion, le produit de cette vente sera réinvesti dans des vins plus modestes et l’excédent sera reversé au budget de l’État ». Et l' Élysée de noter que « tous ces vins furent servis à la table du Président de la République et ont, pour certains, accompagné de grands moments de l’histoire de la Cinquième République ».

Si les estimations s'échelonnent de 15 euros à 2 200 euros, pour un Pétrus 1990, de nombreuses bouteilles, précise Drouot, seront accessibles à moins de 100 euros.

L'estimation globale de ces ceux ventes aux enchères s'élève à 250 000 euros.

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1 commentaire
  1. rémi - 31 mai 2013

    Et si tous les lieux de pouvoir vendaient leurs bouteilles ? de quoi participer à la diminution des dettes de l’État et à revenir à une pratique Républicaine de la dépense.

Les commentaires sont fermés

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