Conseil Municipal de Lyon : du nouveau après 16 ans


Par Romane Guigue
Publié le 19/07/2017  à 15:32
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Ce mardi 18 juillet s’est tenu pour la première fois depuis seize ans à Lyon un conseil municipal sans Gérard Collomb. Une grande nouveauté pour tous ceux qui étaient présents, et l’occasion pour Georges Képénékian de donner le ton de son mandat.

Georges Képénékian, juste après son élection aux fonctions de maire de Lyon, le 17 juillet 2017 © Tim Douet
© Tim Douet
Georges Képénékian élu maire de Lyon, le 17 juillet 2017.

À quelques détails près, on aurait pu penser qu'il s'agissait d'un conseil municipal comme un autre. L'hôtel de ville, les adjoints au maire, quelques membres de l'opposition. Mais un nouveau maire. Hier, pour la première fois depuis plus de seize ans, ce n’était pas Gérard Collomb qui siégeait à la place du maire. Seize années durant, il a présidé les conseils avant de finalement laisser la place à son successeur socialiste Georges Képénékian. Après de brefs remerciements, le nouveau maire de Lyon a tenté de prendre ses marques. Mais c'est une mécanique à laquelle il est habitué. Ancien adjoint à la culture, il a d'ailleurs conservé ce titre lors de ce premier conseil, puisqu'il n'avait pas encore donné les délégations de ses propres adjoints.

Le premier sujet résidait en la rénovation des “États-Unis”. MM. Le Faou, Durand et Levy ont dressé un récapitulatif des travaux entrepris et à venir dans ce quartier du 8e arrondissement. Musée à ciel ouvert avec ses murs peints, mais aussi quartier indispensable pour ses logements aux loyers accessibles, l’ensemble conçu par l'architecte Tony Garnier est restauré pour, selon Michel Le Faou, proposer des logements "durables et abordables". Le projet, piloté par Grand Lyon Habitat, devrait coûter près de 87 200 euros par logement rénové. Un budget plus que conséquent pour des travaux qui ont débuté en 2016 avec une première phase de raccord au chauffage électrique.

Semblant de contestation et rituel de rigueur

Après les questions écrites concernant le 8e arrondissement, viennent les dossiers de la première commission. Le nouveau maire de Lyon a rapidement trouvé sa place, appelant au silence de temps à autre. On notera tout de même quelques hésitations et même quelques oublis. À trois reprises, comme il l'a souligné – "Jamais deux sans trois" –, il a oublié de faire voter les dossiers. Les membres du conseil lui ont largement pardonné ces flottements. Le reste de la séance s'est déroulée dans un calme relatif, avec une assistance légèrement dissipée et parfois peu attentive, qui râle doucement et n'écoute que d'une oreille distraite. Certains, comme M. Guilland (LR) se sont plaints du retard que prenait le conseil, pendant que d'autres préféraient s'éclipser quelques minutes à plusieurs reprises.

“Concerter ne veut pas dire qu’on écoute chacun”

Peu d’échanges véhéments lors de ce conseil. Les interventions prévues ont été tenues dans les temps impartis et l’UDI, Les Républicains et le groupe Lyon Citoyenne et Solidaire ont été quasiment les seuls à prendre la parole. La question des rythmes scolaires a été évoquée. C'est Denis Broliquier, le maire UDI du 2e, qui est intervenu, rappelant que tous, parents comme personnels éducatifs, se sont adaptés tant bien que mal à la réforme des quatre jours et demi, sans pour autant qu'elle soit jugée meilleure pour les enfants. Et Stéphane Guilland (LR) de renchérir, posant à Georges Képénékian cette question provocante : "Quelle capacité avons-nous à continuer dans une impasse ?" Ce à quoi le maire de Lyon n'a pas manqué de répondre que changer de nouveau de rythme pour la rentrée 2017 serait déraisonnable en raison du peu de temps disponible pour réorganiser les jours de classe. L'insatisfaction des parents et des enseignants relevée par Denis Broliquier et Stéphane Guilland a trouvé réponse dans la phrase, presque sentence, du maire : "Concerter ne veut pas dire qu'on écoute chacun." On peut relever aussi les quelques pics lancés par Nathalie Perrin-Gilbert à Nicole Gay (Lyon Gauche Solidaires) quand elle a précisé que son parti voulait le retrait du dossier concernant l'église Saint-Bernard. Inachevée, consolidée puis fermée au public, l'église Saint-Bernard a été désacralisée en juin 2016. Depuis est né le projet de convertir le lieu en un regroupement de bureaux privés, des bars, restaurants et espaces détente. Loin de plaire à tous, ce projet est, selon Nathalie Perrin-Gilbert, une incitation à la “gentrification”. Par ailleurs, elle a rappelé que la teneur du bail emphytéotique fait du lieu un espace propice à l’intérêt particulier et non à l’intérêt général*. Malgré cette intervention, accompagnée de celles de Jean-Dominique Durand (Centre Démocrate), François Royer (UDI) et Guy Corazzol (socialiste), le dossier a tout de même été approuvé par la commission.

* Le bail emphytéotique est un bail de très longue durée qui confère au locataire un statut très proche de celui du propriétaire, lui donnant ainsi le droit de disposer du lieu comme il l’entend.

Fausse alerte

Si ces interventions n’étaient que peu convaincantes, c’était pourtant un début plus "passionné" qu’avait annoncé le maire de Lyon. Alors que Denis Broliquier a évoqué le problème du musée des Tissus, rappelant au passage que la Région était prête à investir, contrairement à la Ville et à la Métropole qui restaient silencieuses, Georges Képénékian n’a pas manqué de répondre en se fâchant. “Nous ne sommes pas absents”, a-t-il clamé. Le maire a rappelé l’intérêt de trouver de nouveaux modèles économiques qui permettraient de financer de telles structures, terminant son intervention par un laconique : "Si la Région veut intervenir, c’est très bien." Les tensions autour du musée et les enjeux qui s’en dégagent ne sont que plus palpables.

C'est un maire de Lyon ni autoritaire ni laxiste qui s'est présenté lors de ce conseil municipal. La séance s'est clôturée sur l'annonce des délégations des nouveaux adjoints au maire, et de nouveaux remerciements. En définitive, le conseil s’est déroulé de manière tout ce qu’il y a de plus habituel, au détail près que ce n’était plus la présence mais le souvenir de Gérard Collomb qui flottait au-dessus de l’assistance.

 

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