Vue de Lyon statue Vierge Fourvière
© Tim Douet

Pédophilie : abusé dans son enfance, un prêtre du Rhône sort du silence

Dans une lettre ouverte, un prêtre du Rhône resté anonyme critique vertement la gestion des affaires de pédophilie par le diocèse de Lyon.

Cette fois c'est un prêtre qui sort du silence. Lui-même abusé durant son enfance, ce prélat du Rhône a rédigé une lettre adressée à ses frères et publiée par France 3. Le texte a été lu lors de la réunion des prêtres du diocèse organisée il y a deux semaines à Écully pour évoquer ces affaires. Son auteur y mentionne sa propre histoire mais revient surtout sur les scandales qui secouent actuellement l'Église lyonnaise. Il remet profondément en cause la position de l'évêque et de ses proches.

S'ouvrant à ses "chers frères", le prêtre dit avoir été victimes "de deux pédocriminels, un prêtre et un ancien séminariste alors marié et père de famille" il y a 40 ans. "J’ai prévenu l’évêque du prêtre en question qui a été convoqué et a reconnu les faits. J’ai aussi contacté les deux agresseurs qui ont fait un chèque", précise-t-il. Il rappelle les "conséquences dévastatrices de tels agissements" et souligne le délai de temps nécessaire aux victimes pour parler.

Manque d'écoute

Sur les affaires de pédophilie révélées depuis cet hiver dans le diocèse de Lyon, le prélat se montre très critique envers la hiérarchie diocèsaine, et notament le cardinal Barbarin.

"On pourra penser que notre évêque est victime d’une campagne injuste voire revancharde. L’affaire Preynat est sortie dans la presse parce que les victimes ne s’estimaient pas entendues. Mais la médiatisation, à laquelle l’évêque a lui-même participé jusqu’à récemment, est d’abord la conséquence de son manque d’écoute et une tentative pour le forcer à sortir de son immobilisme et de sa logique défensive. Or si l’on se défend, on ne peut écouter. Que nos éventuelles réserves quant à la presse ne nous détournent pas de l’écoute."

Se défendre ou dire pardon

Regrettant le manque d'écoute dont font preuve son Église et son évêque face aux victimes, l'auteur perçoit les "paroles malheureuses" du cardinal Barbarin, qui se "disculpe au moment même où il demande pardon", comme révélatrices de ce déficit de considération à l'égard des victimes.

"Il semble que l’évêque ne reçoive que difficilement les victimes. Cela donne l’impression qu’il s’en méfie. Mais l’écoute ne se délègue pas. L’embauche d’un cabinet conseil en communication est aussi désastreuse qu’inutile, comme on l’a vu. Elle manifeste en effet et encore qu’il s’agit de se défendre. Les avocats suffisent à cela. Je préconise que l’évêque s’en sépare."

"Notre loyauté même vis-à-vis de l’évêque passe par une prise de parole qui lui dise clairement qu’il fait fausse route", écrit-il avant de rappeler que la procédure judiciaire sera longue et que l'apaisement des victimes passera par une attittude affable de l'Église.

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