Hôtel de Région. @WilliamPham

"Un rapport de bon sens" : après la polémique de la salle Imane Khelif, la Région veut mieux contrôler la dénomination de son patrimoine

Alors qu'une polémique avait récemment vu le jour quant à la dénomination d'une salle polyvalente au lycée Arnaud-Beltrame de Meyzieu, la Région Auvergne-Rhône-Alpes a présenté ce jeudi 25 juin un rapport visant à reprendre la main sur la dénomination du patrimoine régional.

C'est une polémique déclenchée par l'extrême droite qui avait touché le lycée Arnaud-Beltrame de Meyzieu en mai dernier. Alors qu'une salle polyvalente devait être inaugurée au nom d'Imane Khelif, boxeuse algérienne championne olympique (le nom avait été choisi par les élèves eux-mêmes), le groupe UDR/RN à la Région s'était vivement opposé à cette dénomination, dénonçant "une dérive idéologique et wokiste", avant que le projet ne soit définitivement abandonné, notamment sous la pression de la Région.

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Ce jeudi 25 juin, en préambule de l'assemblée plénière, Fabrice Pannekoucke, président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes et Catherine Staron, vice-présidente déléguée aux lycées, ont présenté une délibération visant à mieux contrôler la "dénomination du patrimoine régional". Sans citer la polémique autour du nom de cette boxeuse cible d'attaques récurrentes en raison de son SRY, situé sur le chromosome Y, indicateur de masculinité, l'exécutif régional a annoncé vouloir "établir un règlement qui encadre la dénomination d'établissements ou de salles".

Une nouvelle méthode

Si en mai dernier la Région affirmait "privilégier les personnalités françaises dont le parcours incarne un engagement, un courage ou un combat ayant un lien direct avec l'histoire, les valeurs et le destin de notre pays", la collectivité compte bien inscrire dans le marbre cette nouvelle "méthode" de désignation.

"On veut, à travers ces dénominations, créer de la concorde dans notre société" explique Catherine Staron. "Un certain nombre de critères seront mis en place et il faudra désormais qu'un consensus se dégage" poursuit-elle. Autrement dit, les lycées devront obtenir l'aval de la Région (en plus du conseil d'administration et de la commune d'implantation pour les nouveaux établissements) avant d'envisager de donner tel ou tel nom à l'une de leurs salles ou à un bâtiment.

Précisant que "le recours à des personnalités vivantes sera relativement encadré", Fabrice Pannekoucke estime que cette délibération est "une mesure de bon sens au service de nos valeurs". "Les valeurs que nous partageons sont celles du consensus et nous souhaitons définir vers quoi nous voulons tendre" conclut le président LR.

Une évolution qui permettra à la Région de garder la main sur ces choix symboliques, tout en évitant que certaines dénominations ne deviennent, à l'avenir, des sujets de crispation politique.

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