Entretien avec Christian Jacquiau, économiste : "Il faut mettre fin au racket organisé par les grandes surfaces"
Lyon Capitale. Les marges des grandes surfaces contribuent-elles à l'augmentation des prix aux consommateurs ? Christian Jacquiau : Bien sûr.
La grande distribution française a inventé un système qui est constitutif d'une augmentation permanente des prix : les "marges arrière". Normalement, les grandes surfaces ne devraient appliquer qu'une marge bénéficiaire, dite "marge avant". Quand un consommateur achète un produit 100 euros, la grande distribution l'a acheté 90. Sauf qu'après avoir négocié un prix d'achat, elle exige des fournisseurs des rémunérations additionnelles. Elles ne répercutent pas pour autant ces marges arrières dans le produit de vente final, car la loi interdit la vente à perte. Il y a quinze ans, ces marges arrière représentaient 10% du prix, maintenant, elles atteignent une moyenne de 40 à 50%.
Le secrétaire d'Etat à la consommation, Luc Chatel, veut justement autoriser les grandes surfaces à répercuter leurs marges arrière sur les prix...
C'est une prime aux tricheurs. Ce système de "marge arrière" est un véritable racket car la grande distribution est un point de passage obligé pour les fournisseurs. Vous payez, ou vos produits ne sont plus référencés. Le gouvernement propose de légaliser ces pratiques si la grande distribution reverse 2 à 3% aux consommateurs, c'est-à-dire les miettes d'un véritable butin. En plus, pour compenser, elle ne va pas baisser ses marges mais augmenter la pression sur les 70 000 fournisseurs. Cela va entraîner plus de plans sociaux et plus de délocalisations. Il faudrait au contraire redonner du pouvoir aux fournisseurs, qui doivent fixer des conditions générales de vente pour tout le monde. Cela permettra aux petits commerces de se battre.
La Commission Attali propose la libre implantation pour les grandes surfaces afin de développer l'emploi...
Ce n'est pas très sérieux. Quand en grande surface on crée un emploi à temps partiel et sous-payé, on détruit cinq emplois durables. Sans compter les 200 000 à 400 000 emplois qui vont être supprimés par le passage aux caisses automatiques. On va supprimer les derniers commerces de proximité à l'image de ce qui s'est passé pour les disquaires. Les grandes surfaces ont d'abord baissé les prix, attendu que ces commerçants disparaissent, puis les ont augmentés...
|
Il n'est pas possible de poster des commentaires au-delà de 60 jours après la publication de l'article.
BREVES actualité
C'est d'abord la faute de Michel Noir, notre regretté maire, qui a lancé dans les années 90 le projet de restructuration des HCL.
Puis,...
Racontez nous un peu comment sont les plages tunisiennes .... drôle cette discrétion autour de ce...
et merci de ne pas être les godillots du baron local comme bon nombre de vos collègues On vous a élus, et vous avez...





