Avertisseurs de radars : l’interdiction impossible ?

Après l’annonce du gouvernement de la prochaine interdiction des avertisseurs de radar, les entreprises spécialisées et les usagers ont massivement réagi. Une manifestation est déjà prévue le 18 mai 2011 à Lyon. Pourtant, au-delà des coups de com de la part des trois camps, l’interdiction semble difficilement applicable.

TADUDUM ! Le GPS vient de sonner, à 200 mètres un radar automatique trône fièrement sur la droite. Pourtant point besoin de détecteur pour le savoir, les véhicules devant le votre ont déjà tous ralenti dangereusement. Cette situation vécue tous les jours par des milliers d’automobilistes risque bien de vivre ses derniers jours, en théorie. Mercredi 11 mai 2011, le gouvernement annonce sa volonté de faire retirer les panneaux qui annoncent les radars fixes, ainsi qu’une interdiction des avertisseurs de radars. Dans la ligne de mire, Coyote, Wikango, Inforad capable de prévenir le conducteur à l’avance grâce à un système de base de données ; mais aussi d’éclaireurs, d’autres utilisateurs sur la même route qui préviennent ceux qui les suivent.

Appel de phare, CB : déjà accusés en leur temps

Les constructeurs ont toujours évoqué dans leurs publicités un système proche de l’appel de phare ou de la CB. Pourtant bien qu’aujourd’hui légaux, les deux méthodes ont été en leur temps menacées d’interdiction par le législateur. Résolues à faire pression et mettant dans la balance des milliers d’emplois, les trois entreprises tentent de rallier l’opinion publique à leur côté. Parallèlement, les fabriquant de GPS comme Garmin font déjà savoir qu’en cas de loi, il sera possible de télécharger une mise à jour qui désactivera la fonction. Une situation déjà vécue en Suisses, où les avertisseurs sont bannis. Pourtant dans l’hypothèse où la loi passerait, malgré les interdictions et les mises à jour, le système persistera grâce à des méthodes déjà utilisées aujourd’hui.

La faille du point d’intérêt

Souvent payant, le service d’avertissement a depuis longtemps sa solution débrouille gratuite. Depuis l’arrivée des GPS sur le marché, des dizaines de bases de données en libre accès sur internet renseignent la position des radars. Il suffit à l’utilisateur de faire un simple copier-coller pour rentrer les informations dans sa machine. Cela est possible grâce aux points d’intérêts destinés à l’origine à repérer les restaurants et autres stations essence, sur la route. Entièrement paramétrables, ces informations géo-localisées sont désormais surtout synonymes de radars. Les constructeurs ne pourront pas interdire à leurs clients de ne plus utiliser les points d’intérêts.

Des GPS dans toutes les poches

Aujourd’hui les GPS sont de partout : consoles de jeu, Smartphones, et même tablettes tactiles. De même les applications destinées à l’information géo-localisée sont légions et peuvent aussi bien servir à trouver un magasin de vêtements qu’une route surveillée. Par conséquent, une interdiction des avertisseurs, ainsi que de la fonction sur les GPS ne feront que pousser les utilisateurs vers des solutions gratuites et plus discrètes. Il est difficile d’imaginer que les forces de l’ordre arrêtent tous ceux qui arboreront un GPS sur le tableau de bord ou fouilleront les téléphones portables pour savoir si les points d’intérêts à l’intérieur correspondent à un restaurant où à un radar automatique. Rendez-vous en septembre pour la suite des événements. En attendant, le circuit reste l’endroit le plus approprié à une conduite sportive sans radar, ni bip continu et énervant pour prévenir de sa présence !

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