Bye Bye Puel

L’issue semblait inéluctable. Fragilisé par trois années sans jeu, sans titre et sans gloire, Claude Puel ne sera plus l’entraîneur lyonnais la saison prochaine. Entre exploits éphémères et cruelles déroutes, retour sur trente-six mois parmi les plus mouvementés de l’histoire de l’OL. L’heure est au bilan.

Jean-Michel Aulas lui avait laissé les clés. Et le volant de la Formule 1. Après des années de domination nationale, le boss des Gones voulait franchir un nouveau palier. Atteindre les étoiles européennes. Persuadé de tenir, en la personne de Claude Puel, le meilleur entraîneur français, JMA lui avait offert un bolide en or. Un club sacré champion de France lors des sept dernières années, avec en prime, un doublé Coupe-Championnat en 2008. Il ne fallait plus seulement conduire la voiture, mais aussi la confectionner, pièce par pièce. A l’époque, en juin 2008, ce choix avait presque été salué à l’unanimité… Dirigeants, joueurs, supporters, tous étaient persuadés de franchir un nouveau cap. Et retrouver une certaine sérénité après le passage d'Alain Perrin où la maison lyonnaise était devenue un centre de villégiature.

Digne dans la tourmente

Vite, les tifosi vont déchanter. Le triste fond de jeu et les crises en interne vont jalonner l’ère Puel. D’entrée, en pilote expérimenté et au pouvoir total, le Castrais va remplacer techniciens, mécaniciens et ingénieurs, pourtant aux petits soins du bolide OL depuis de nombreuses années. Les inimitiés vont se démultiplier. Sa communication maladroite, sa gestion désastreuse des stars, celle incompréhensible des jeunes, celle contestable des recrutements, celle astronomique des transferts, ne vont rien arranger à sa cote, en chute libre.

Jamais un coach, dans la traditionnelle si calme et paisible ville de Lyon, ne va être autant chahuté. Et détesté. Jamais un représentant du club, quel qu’il soit, ne fut autant la cible des critiques. Un ras-le-bol généralisé des supporters et amoureux de l’OL qui s’exprima sous différentes formes. Dont certaines contestables voire même intolérables. Chants et banderoles à l’appui.

Cruel désaveu pour Aulas

Trois années sans titre, c’est donc au moins une de trop pour Jean-Michel Aulas. Mais au delà du nombre nul de trophée glané, c’est l’atmosphère autour de l’entraîneur général qui devenait insoutenable. Sur la sellette depuis des mois, l'ancien Lillois, lui, sera resté digne dans la tourmente. A la Puel. Sans jamais un mot ou un geste au-dessus de l’autre. Alors que certaines circonstances auraient pu largement s’y prêter. Personne ne pourra lui enlever cela.

Désormais, les rênes du bolide vont être confiées à un ancien vaillant soldat de l’écurie, Rémi Garde. Un homme du cru, certes moins référencé mais dont la fidélité ne fait aucun doute. Un retour aux vieilles recettes du succès lyonnais, en somme. Un retour aussi aux limites affichées par cette organisation. C’est tout le paradoxe. Jean-Michel Aulas a donc dû se résoudre à faire trois pas en arrière. Une nouvelle page s’ouvre pour l’OL, comme pour Claude Puel. Une bonne chose pour tout le monde.

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