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Perrin-Gilbert suppléante de Meirieu aux législatives : le PS sonne la charge

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L'écologiste a choisi Nathalie Perrin-Gilbert comme sa suppléante aux législatives de juin prochain dans la 1ere circonscription du Rhône où Gérard Collomb soutient le radical Thierry Braillard. Les hiérarques socialistes Jean-Paul Bret et Jacky Darne sonnent l'hallali sur la maire du 1ere arrondissement, coupable de respecter un accord national entre Europe Ecologie les Verts et le PS que les socialistes s'attachent à faire oublier.

"Nous ne sommes pas les diviseurs". Philippe Meirieu (EELV) et Nathalie Perrin-Gilbert (PS) s'affichaient côté à côté ce mardi soir à l'Embarcadère (Lyon 2e). Ce sera le tandem envoyé aux législatives dans la 1ere circonscription du Rhône, face au sortant, Michel Havard (UMP). Tous deux soulignent leurs "convergences politiques", leurs combats communs en faveur des enfants sans-papier, contre les antennes téléphoniques, ou leur intérêt pour les questions éducatives. Leur même conception de l'engagement et des pratiques politiques. L'écologiste est le candidat officiel du Parti socialiste, à la faveur de l'accord conclu entre les deux formations de gauche. Elle sera donc sa suppléante. Et pourtant, le tandem avait une furieuse apparence de dissidence, car l'un et l'autre n'ont pas l'heur de plaire au maire Gérard Collomb qui soutient le radical Thierry Braillard.

La bonne opération de Nathalie Perrin-Gilbert

Les deux élus nient placer leur candidature en opposition au maire de Lyon. L'écologiste souligne avoir cherché à joindre Gérard Collomb à plusieurs reprises sans succès. Il est même solidaire pour deux, assurant vouloir soutenir François Hollande au second tour de la présidentielle, et même Thierry Braillard au second tour des législatives si celui-ci est devant lui au soir du premier tour. "Mon propos n'est pas de municipaliser la question. Je suis là pour faire gagner la gauche dans la 1ere circonscription et pour envoyer un député de gauche supplémentaire à l'Assemblée nationale", déclare quant à elle la maire du 1er arrondissement.

Nathalie Perrin-Gilbert était jusqu'alors suppléante du député Pierre-Alain Muet (PS). Mais sous la pression de Gérard Collomb, celui-ci n'a pas souhaité la reconduire dans sa fonction. Cette suppléance de Meirieu lui donne donc l'opportunité de rebondir. Si le vice-président au conseil régional était élu, elle pourrait songer être à son tour députée en 2017. Celle que les rumeurs donnaient partante du PS pour une adhésion à Europe Ecologie les Verts voit aussi l'occasion de se rapprocher des militants écolos. Avant peut-être d'envisager un transfert d'ici aux municipales de 2014.

Perrin-Gillbert et Meirieu ()

Ce tandem n'a pas manqué de provoquer des réactions au PS. Tous derrière Collomb, feu sur Perrin-Gilbert ! C'est le maire de Lyon qui a tiré les premières salves. "Lorsqu’il avait annoncé sa candidature dans la première circonscription du Rhône, Philippe Mairieu avait déclaré que cette candidature n’était en aucun cas dirigée contre le maire de Lyon. En choisissant aujourd’hui comme suppléante Nathalie Perrin-Gilbert qui, bien qu’élue sur mes listes, s’est positionnée dès le lendemain de l’élection de 2008 comme une opposante déterminée à l’action de l’équipe municipale, il prouve le contraire", a-t-il écrit sur son blog.

"Un vrai problème politique" selon Darne

Dans son sillage, le maire de Villeurbanne, Jean-Paul Bret, pourtant peu concerné par cette circonscription, s'est fendu d'un communiqué. "Je désapprouve vivement son choix (celui de Nathalie Perrin-Gilbert, ndlr). Il ne suffit pas de nimber de démocratie les initiatives personnelles qui, en période de campagne électorale, portent en apparence le débat public. Là les ficelles sont trop grosses. C'est ce qui caractérise la démarche de Nathalie Perrin-Gilbert lorsqu'elle s'autodésigne suppléante du candidat écologiste. Il s'agit d'une fuite en avant oppositionnelle qui l'éloigne des militants et du Parti socialiste auquel elle continue d'appartenir. A l'évidence, sa vindicte contre Gérard Collomb confine à l'obstination et à l'aveuglement. Elle l'éloigne de la responsabilité politique. C'est profondément regrettable".

Et Jacky Darne, le 1er secrétaire fédéral, a aussi réagi officiellement : "La fédération n’a pas été informée de son choix, contrairement à toutes les règles internes du Parti Socialiste, et n’a donc pas pu donner son accord. Nathalie Perrin-Gilbert s’est régulièrement désolidarisée de la politique municipale conduite à Lyon. Son choix d’être suppléante de Philippe Meirieu pose donc un vrai problème politique".

L'intéressée a expliqué mardi avoir informé de sa démarche Christophe Borgel, secrétaire national du PS en charge des élections. Elle a reçu un accueil réservé. Il lui aurait intimé de ne pas provoquer davantage Gérard Collomb - ce qu'elle a fait, s'engageant à ne pas municipaliser les enjeux. "Il est étrange qu'un socialiste soutienne un candidat dissident et veuille choisir la suppléante du candidat légitime", raille Philippe Meirieu qui s'était fait affublé du titre "Khmer vert" par le maire de Lyon - "des propos indélicats", selon sa suppléante.

Des rumeurs font état de possibles amendements à l'accord PS/EELV, au lendemain de la présidentielle, notamment si Eva Joly réalise, comme les sondages le prédisent, un mauvais résultat. Officiellement, le PS soutient pourtant toujours Philippe Meirieu. Dans les faits, toute la fédération du Rhône s'est rangée du côté du poulain du maire. Et les instances nationales ne veulent surtout rien faire qui pourrait contrarier Gérard Collomb.

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2 commentaires
  1. Martin de Givors - 28 mars 2012

    Tant de hargne des hiérarques socialistes locaux, portes flingue de 'Césario' COLLOMB à l'égard de Mme PERRIN-GILBERT a de quoi surprendre dès lors que la candidature de Philippe MERIEU s'inscrit dans un accord national d'EELV avec le PS dans le cadre des élections législatives.Il est vrai que pour eux les accords électoraux sont à considérés comme des promesses qui n'engagent que ceux qui les écoutent... A l'évidence, ces éminent 'gaudillots' seraient mieux inspirés de faire pression,via HOLLANDE, auprès de leur petit Maître à penser Lyonnais pour qu'il arrête la grève des éboueurs en l'invitant à retirer son projet controversé de privatisation. Un rappel à Philippe MERIEU: vous êtes là d'abord pour faire gagner l'écologie au premier tour avant de faire gagner la gauche et annoncer avant l'échéance électorale que vous vous désisteriez de toute façon en faveur de Mr. BRAILLRD s'il vous précède, relève à mon sens d'une erreur stratégique, car c'est admettre à priori un principe d'échec

  2. Collombitude - 29 mars 2012

    Martin a bien résumé, je souscris entièrement à ses propos.

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