Faut-il en finir avec le PS ? Thierry Philipp répond (4/5)

Que nenni ! Les querelles intestines ont redoublé. Fiasco des européennes, guerre de phrases assassines, des cadres qui se prennent pour des incendiaires, la vie du PS est un peu devenue un soap opéra. A Lyon, nous n'échappons pas à la règle. Gérard Collomb, le sénateur-maire de Lyon, n'a pas manqué une occasion en 2009 pour rajouter de l'huile sur le feu. Il a contesté l'ordre des listes pour les européennes avant d'avouer qu'il voterait PS "avec difficulté". A quelques semaines de l'université du PS à La Rochelle, l'avenir du parti socialiste paraît bien compromis. Toute la semaine, un élu socialiste répond à la question : faut-il en finir avec le PS ?

Ce vendredi : Thierry Philip, adjoint à la ville de Lyon et vice-président du Conseil régional. Dans la cuisine interne du PS, il est proche de Gérard Collomb et de la Ligne claire. Le maire de Lyon avait tenté de le placer aux européennes et s'était déchirée avec le PS après avoir échoué. Thierry Philip n'était même pas sur les listes des européennes.

"J'ai envie de dire à tout le monde : "ça suffit". Ça suffit de vouloir changer de nom, la question n'est pas là mais elle est de savoir si l'on peut réfléchir en dehors du marxisme. Dans le socialisme, il y a plein de choses. Il est question de groupes sociaux, de travail, d'égalité. Le mot socialiste reste d'actualité même s'il doit s'adapter à un monde sans marxisme. Ça suffit aussi la sacralisation du parti. Les gens doivent pouvoir parler. Mais ça suffit aussi à Manuel Valls comme à Martine Aubry qui veut interdire la parole. L'urgence est de parler de l'action que l'on mène sur le terrain. Notre fonctionnement n'est plus moderne. Les sections allaient bien autrefois mais à l'heure d'internet, le parti doit se rénover. Moi j'en reste à la position de la ligne claire. Il faut d'abord un projet et ensuite une primaire hors du parti, à l'américaine, pour faire exploser les chapelles et ouvrir le jeu. Puisque nous avons un problème de leader, réglons-le avec des primaires. Les histoires de personnes sont fatigantes. Ce qui m'intéresse dans la politique, c'est le collectif. Dans un parti, il y a toujours des problèmes de personnes mais les valeurs passent au-dessus de cela. Mais aujourd'hui, nous n'entendons plus parler de valeurs. Mais je ne me décourage pas et je ne quitterai pas le PS. Il ne faut pas l'achever mais le rénover. Je crois en son héritage mais tout corps vivant doit évoluer sinon il meurt. Restons socialiste, laissons les gens s'exprimer. Si l'on doit changer de nom, le seul possible c'est Nouveau Parti Socialiste mais le mot nouveau sans projet, c'est du vent. Le nom est joli mais encore faut-il être capable d'être nouveau. Le PS est au fond de la piscine aujourd'hui mais je pense que le moment est venu de donner un coup de pied pour remonter."

Propos recueillis par Paul Terra

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Lors de son passage au ministère de l’Intérieur, Gérard Collomb a été sanctionné de la moitié de ses indemnités de conseiller métropolitain à cause de son absence. Une “amende” qu'il a compensée en trouvant une nouvelle source de revenus au sein du Sepal. Le maire de Lyon aura ainsi reçu 9149€ en 2018 dans un syndicat mixte où il ne siégeait pas.

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