Vigipirate à Lyon : "davantage d'unités prêtes à intervenir dans l'instant"

Maintenant que la France est engagée dans la lutte armée au nord du Mali, le Premier ministre a annoncé samedi 12 janvier un renforcement du plan Vigipirate. Au niveau "rouge" depuis les attentats de Londres en 2005, il passe désormais au "rouge renforcé". Qu'est ce que cette mesure va changer à Lyon ?

Les djihadistes menacent de "frapper le coeur de la France". En conséquence, Matignon a accentué le plan Vigipirate. Pas question cependant de passer au niveau culminant "écarlate", comme ce fut brièvement le cas lorsque sévissait Mohamed Merah. Le gouvernement ordonne donc un redoublement de la sécurité au niveau intermédiaire "rouge renforcé".

Mais difficile de savoir ce que ce renforcement implique précisément, d'autant plus que les services ne communiquent pas sur les effectifs. Ainsi, par exemple, la réponse à nos questions, envoyée par le ministère de la Défense reste énigmatique : "Le renforcement du plan Vigipirate ne génère pas un renforcement des effectifs militaires mais une augmentation de la vigilance." De quelle manière ?

Des forces réparties autrement

Placés sous l'autorité de la préfecture, les policiers, les gendarmes et les militaires en charge des patrouilles pour Vigipirate ont reçu de nouvelles directives. Concrètement, les hommes sont déployés différemment : les patrouilles sont désormais uniquement ciblées sur les lieux les plus susceptibles d'être touchés par un attentat. Aéroport, gares, lieux de rassemblements, centre commerciaux, mais aussi les casernes militaires, et les sites diplomatiques (ambassades, consulats).

Autre changement depuis le "rouge renforcé" : ce ne sont plus uniquement les mosquées et les synagogues qui sont sous surveillance, mais tous les lieux de cultes quelque soit la religion auxquels ils appartiennent. "La mission de surveillance est délicate, communique-t-on du côté de l'armée, car il n'existe pas de menace précise sur tel ou tel lieux. Il faut donc accroitre la vigilance sur tous les sites sensibles. Par ailleurs, les patrouilles militaires n'ont pas les mêmes moyens d'agir que la police et la gendarmerie, notamment en matière de contrôle des personnes. Les militaires ne peuvent intervenir qu'en cas de légitime défense ou d'assistance à personne en danger."

Des effectifs renforcés

Les forces armées chargées du plan Vigipirate à Lyon proviennent de toute la France. Elles sont hébergées à la caserne au boulevard de L'artillerie pour des missions de 15 jours. "Ce n'est pas forcément l'effectif de surveillance qui est accru depuis le passage au "rouge renforcé". Mais en cas d'attentat, en revanche, nous avons davantage d'unités qui seront mobilisées et prêtes à intervenir dans l'instant."

"Les effectifs ont pourtant été renforcés au niveau national, assure le cabinet du ministre de l'intérieur. Désormais, 1000 policiers et gendarmes et 750 militaires sont spécifiquement dédiés au plan Vigipirate. Cela dit, le renforcement du plan a surtout un impact psychologique. Depuis que le niveau avait été mis au "rouge" en 2005, la surveillance devait s'être essoufflée. Le "rouge renforcé" est une piqure de rappel qui vise avant tout à rappeler à la vigilance."

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