"Une journée étape" avant le 19 mars

Ils venaient de l'école maternelle, primaire, du secondaire et surtout de l'université.

" C'est une journée étape avant le 19 mars " déclare le délégué CGT Jean-François Petit, professeur en lycée professionel à Givors.

En tête de cortège, les banderoles en faveur de l'IUFM. Les étudiants en Licence regrettent la perte d'une année de formation sur le terrain, au profit d'une masterisation qui ne leur laissera que 4 semaines de stage. Les étudiants actuellement intégrés à l'école des maîtres regrettent quant à eux de n'avoir d'autres choix que de réussir cette année, sinon, retour à la case faculté, pour l'obtention d'un master. Toutefois, l'horizon paraît pour l'heure obscur. Le master qui doit mener au concours pour l'IUFM n'est pas encore à l'étude. Les enseignants-chercheurs pour l'élaborer font grève !

Un volet du projet concernant le statut des enseignants-chercheurs avait cristallisé l'opposition des universitaires : la modulation du nombre d'heures d'enseignement au vu de l'efficacité dans la recherche. Dorénavant, il est prévu qu'elle ne puisse se faire sans l'accord de l'intéressé. Mais l'alinéa est " flou ". Pour Frédérique, ancienne avocate qui enseigne le droit du sport : " Celui qui pourra [faire plus d'heures d'enseignement], devra. On sera acculé à accepter ". D'aucuns craignent qu'avec l'autonomie des universités, un loi déjà votée, les pressions ne redoublent de la part du président d'Université et du Conseil d'administration.

Une semaine après la réécriture du statut des enseignants-chercheurs

Le pouvoir du président d'Université est une nouvelle fois pointée du doigt, d'autant que celui-ci, dans le cadre de la relative aux universités, peut être élu en dehors de la faculté. Un situation que craint Damien. Jeune enseignant-chercheur en Maths, il explique : " Christian Boiron, directeur général des laboratoires Boiron, est dans le conseil d'administration de Lyon1. Je ne serais pas contre qu'il devienne président,comme l'y autorise la LRU. Le problème c'est que le président oriente la politique de la Recherche ".

Au-dessus des têtes bien faites des enseignants-chercheurs accompagnés des étudiants, peu de drapeaux des syndicats du supérieur. Attendent-ils le 19 mars, journée de mobilisation interprofessionnelle, pour se montrer ? Ou préfèrent-ils rester discret, alors que des manifestants les jugent inefficaces ? " Leurs explications n'ont pas toujours de sens " justifie Bruno, un autre enseignant en maths.

Le secrétaire départemental de FO, Eric Tosan, s'en défend : " on n'a rien signé, on a négocié un certain nombre de points et on en veut plus. En l'occurrence, on milite pour la création de postes de titulaires alors que les CDD se généralisent ". F.O est l'un des quatre syndicats de l'enseignement supérieur à avoir participé à la réécriture du projet de décret, en fin de semaine dernière, et le seul à afficher ses drapeaux dans la manif'.

Les trois autres syndicats, minoritaires dans l'enseignement supérieurs : La CFDT, Sup'recherche UNSA et Autonome Sup' n'ont pas ou peu manifesté leur présence.

A l'opposé, Snesup, syndicat majoritaire, le seul syndicat à n'avoir pas négocié, est absent. Pour Eric Tosan, par ailleurs ingénieur de Recherche : " eux aussi ont rencontré le gouvernement, même s'ils ne le disent pas officiellement ". D'après lui, " le mouvement dépasse le cadre syndical ".

Le CNRS résigné

Aux côtés des universitaires, le CNRS affiche une petite présence, comme un ultime soubresaut à la résignation. La restructuration de celui-ci, entériné par son Conseil d'administration, prévoit, entre autre, que les demandes de budget soient effectuées à titre individuelle, ce qui inspire la vindict de Serge, technicien de recherche en physique nucléaire et délégué Sud au CNRS : " les chercheurs espèrent sauver ainsi leur bifteck mais c'est une vision à court terme. " Il craint que le CNRS devienne " une agence de moyens " distribuant les budgets, " les miettes " dit-il.

L'ambiance est calme parmi les cadres supérieurs. Ce sont encore les étudiants qui font le plus de bruit. Un enseignant-chercheurs confie, " je prends des risques en m'engageant et en manifestant, le président d'Université saura s'en souvenir ".

Stéphanie Mena

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