Les chasseurs du Rhône jouent la carte de l’écologie

La démission du ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, a mis en exergue les désaccords entre les chasseurs et certaines associations de défense de la nature. Pourtant, la Fédération des chasseurs mise beaucoup sur l'écologique, l'argument phare de sa dernière campagne de communication. 

Abaissement du prix du permis de chasse national (de 400 à 200 euros), mise en place d’une gestion adaptative des espèces chassables et d’une police rurale … Jean-Paul Besson, président de la Fédération des chasseurs du Rhône s’estime grandement satisfait par la réforme engagée par le président Emmanuel Macron. Cette même réforme qui aurait poussé Nicolas Hulot, ex-ministre de la Transition écologique et solidaire, vers la sortie, mardi dernier. "C’est tout à fait conforme à ce qu’on attendait et à ce qu’avait proposé le président Macron en tant que candidat", affirme-t-il. La réforme avait été proposée par le président de la Fédération nationale des chasseurs (FNC), Willy Schraen et approuvée "à une large majorité" par les présidents fédéraux. "Une partie des mesures font suite aux discussions entre Macron et notre président national", explique Jean-Paul Besson.

Chasseurs vs écolos ?

Mais la mesure est loin de mettre tout le monde d’accord. Des associations de défense de l’environnement craignent que la gestion adaptative des espèces chassables n’autorise la chasse d'espèces protégées. "C'est du clientélisme pathétique. En France, on chasse 64 espèces d'oiseaux différentes. Dans le reste de l'Europe, la moyenne est de 14 espèces. Parmi les 64 espèces chassées en France, il y en a 20 qui sont sur la liste rouge des espèces menacées, qui sont en agonie et que, pourtant, on chasse.", s’insurgeait Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), sur Franceinfo. Avec leur nouvelle campagne de communication nationale, intitulée : "Chasseurs, premiers écologistes de France ?", les chasseurs tentent de gommer cet antagonisme entre eux et les associations écologistes. Une campagne qui a suscité certaines moqueries sur les réseaux sociaux pour sa méthodologie. Cette affirmation, "premiers écologistes de France", se base sur un vote des auditeurs RMC-BFMTV lors de l’émission du 31 mai 2018 de Jean-Jacques Bourdin (60 % de oui, 40 % de non). Pour la fédération du Rhône, cette campagne reste légitime "on a un slogan dans le Rhône : « nous sommes l’écologie qui agit ». On n’a pas attendu les écolos de la dernière heure pour défendre la nature. Les chasseurs sont sur le terrain tout au long de l’année", déclare Jean-Paul Besson.

"Hulot agissait plus comme un militant que comme un ministre"

N’empêche que l'ex ministre de la Transition écologique et solidaire ne cachait pas son hostilité face aux chasseurs. Les discussions sur la réforme avaient amené Brigide Bardot à le traiter de "trouillard" et à appeler à sa démission. Chose faite, mardi matin, Nicolas Hulot a rendu le tablier au lendemain d’une réunion sur le dossier de la réforme de la chasse. Ce dernier avait peu apprécié la présence de Thierry Coste, conseiller politique de la Fédération nationale des chasseurs, un "lobbyiste qui n’était pas invité" selon Hulot. Pour Jean-Paul Besson, la chasse n’est qu’un prétexte pour la démission du ministre. "Son discours contre la chasse est influencé par des associations écologistes dures, dont il se fait la voix. Mais la réforme de la chasse n’était qu’un prétexte pour son départ", estime-t-il. Sans oublier l’engagement fort de l’ex-ministre. "Il agissait plus comme un militant que comme un ministre. C’est qui n’est pas extraordinaire, compte tenu de ses engagements passés", commente le président de la Fédération des chasseurs du Rhône. Pour le remaniement, ce dernier espère qu’on "ne troquera pas un cheval borgne contre un aveugle". La réponse tombera au plus tard mardi prochain, a annoncé Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, quand le "gouvernement sera au complet", à nouveau.

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