De la cocaïne dans une Chevrolet : "une affaire extraordinaire"

Au cours d'une conférence de presse, tenue mercredi 17 septembre, les dirigeants de la PJ lyonnaise sont revenus sur l'enquête qui a permis de démanteler ce réseau.

Quatre jours après l'interception de la Chevrolet de collection bourrée de cocaïne, la police judiciaire (PJ) lyonnaise a en partie levé le voile sur la manière dont les enquêteurs ont procéder pour démanteler ce trafic international de stupéfiants d'un genre nouveau.
Le point de départ est une "suspicion de blanchiment" portant sur le gérant d'un bar du premier arrondissement de Lyon. Le 17 juillet, les enquêteurs finissent par arrêter l'individu d'origine portugaise en possession d'une valise munie d'un double fond. Dans la valise, ils trouvent cinq kilos de cocaïne. Parallèlement, Tracfin (l'administration en charge de la lutte contre le blanchiment) signale à la PJ des transferts de fonds suspects via Western Union de la France vers l'Amérique latine. A savoir, entre 2006 et 2007, environ 200 000 euros transférés vers le Brésil et la Bolivie. Remontant le fil, les enquêteurs demandent à leurs homologues néerlandais d'interpeller un français suspect. Fin juillet, ce dernier est arrêté en possession de deux kilos de cocaïne. Puis se sont les autorités brésiliennes qui sont avertis de des agissements de ce réseau sur leur territoire. Plusieurs personnes sont aussi arrêtées avec, au total, trente kilos de cocaïne.
A cette étape-là de l'enquête, les policiers lyonnais identifient un franco-espagnol domicilié en Bourgogne comme le grand organisateur de ce réseau d'importation de cocaïne. Ils comprennent aussi qu'il change de mode opératoire pour s'approvisionner. Il n'utilise pas seulement les valises à double fond, mais aussi la voiture de collection, en l'occurence une Chevrolet.

Huit heures de désossage
La drogue en provenance de Bolivie est d'abord conditionnée dans des lingots de zinc. Lesquelles lingots sont cachés dans les longerons (les barres du châssis de la voiture). Ensuite, la voiture monte dans un container au Chili pour traverser l'Atlantique via les antilles.
Au courant de la livraison imminente de la Chevrolet, les enquêteurs mettent au point un dispositif pour cueillir le faux collectionneur à la réception du container.
En Europe, consigne est donnée aux douaniers espagnols de fermer les yeux sur ce container qui transite par le port de Valence avant d'arriver à destination à Fos-sur-Mer dans la nuit de vendredi à samedi. Là, dans le port des Bouches-du-Rhône, les policiers interpellent le franco-espagnol et se mettent à désosser la Chevrolet. Ignorant où est cachée la drogue, les policiers lyonnais mettront huit heures pour désosser la voiture et finalement trouver 28 kilos d'une cocaïne d'une grande pureté. Une fois coupée, une telle quantité de coke à 90 % pure peut rapporter jusqu'à deux millions d'euros (estimation de la PJ avant les analyses de la police scientifique). Quant au franco-colombien, il a été mis en examen pour trafic de stupéfiants et association de malfaiteurs. Une femme arrêtée en même temps que lui a également été écrouée.

"une affaire qui sort de l'ordinaire"
Au terme de ces quatre mois d'enquête, Claude Catto, le patron de la PJ lyonnaise ne cachait pas sa satisfaction : "cette affaire est extraordinaire par cette manière particulière d'introduire de la drogue et par la qualité de la coopération internationale que l'on a mise en place pour démanteler ce trafic".

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