Badges (39 19), numéro d’urgence contre les violences faites aux femmes © Eric FEFERBERG / AFP

Dans le Rhône, plus de deux victimes de violences conjugales pour 1000 habitants

En 2019, le nombre de victimes de violences conjugales enregistrées a augmenté de 16 % par rapport à l’année précédente. 

En 2019, les services de police et de gendarmerie de la France entière ont enregistré 142 310 victimes de violences conjugales au sein du couple (dont 88 % de femmes soit 125 840). Une hausse de 16 % par rapport à 2018 (+10 %en 2018). Cette hausse concerne les faits connus par les forces de l'ordre et peut être due “d’une part, au fait que les victimes sont potentiellement mieux sensibilisées du fait des campagnes d’information. Et d’autre part, du fait que les formations des personnels se sont développées en matière de prise en charge et d’accueil des victimes sur la thématique des violences faites aux femmes”, indique le ministère de l'Intérieur. Par ailleurs, parmi ces victimes de violences conjugales, 4 400 ont porté plainte pour viol ou agression sexuelle par leur conjoint (3 % des victimes). Dans le Rhône, entre 2,1 et 2,3 personnes pour 1000 habitants ont été victimes de violences conjugales en 2019.

173 morts violentes

Toujours selon le rapport du ministère, en 2019, d'après une étude de la délégation aux victimes sur les morts violentes au sein du couple, 173 victimes ont été recensées par la police et la gendarmerie nationales (+16 % par rapport à 2018), dont 146 femmes (encadré 3) et 27 hommes. “La part des femmes victimes a augmenté de 25 % entre 2018 et 2019 et celle des hommes a diminué de 1 %. Sur ces 146 femmes tuées en 2019, 41 % avaient déjà été victimes de violences de la part de leur partenaire et 43 % d’entre elles avaient déposé une plainte”, précise le rapport. 

42 % des victimes ont entre 30 et 49 ans et dans la majorité des cas, l’homicide est commis au domicile du couple, de la victime ou de l’auteur présumé. “Par ailleurs, un auteur présumé sur huit de ces homicides est une femme (12 %, soit 21 femmes). La part des femmes auteures présumées de ces homicides a diminué de 32 % par rapport à 2018. Parmi celles-ci, plus de la moitié (52 %) avaient déjà été victimes de violences de la part de leur partenaire”, ajoute le rapport. 

Seulement 18 % de plaintes

D’après l'enquête Cadre de vie et sécurité de l'Insee de 2019 (la 2020 n'a pu être réalisée en raison de la crise sanitaire liée à la Covid-19) près de 295 000 personnes (dont 72 % de femmes), déclarent en moyenne chaque année entre 2011 et 2018 avoir été victimes de violences physiques et/ou sexuelles par leur conjoint ou ex-conjoint, soit 1 % des personnes de 18 à 75 ans vivant en ménage ordinaire en France métropolitaine. Par ailleurs, 76 % des femmes victimes de violences uniquement sexuelles déclarent des faits répétés contre 63 % des femmes victimes de violences uniquement physiques. D'après cette enquête de l'Insee, seules 27 % des victimes se sont déplacées au commissariat ou à la gendarmerie, 18 % ont déposé plainte et 7 % une main courante ou un procès-verbal de renseignement judicaire (PVRJ). “Le fait de toujours vivre avec le conjoint auteur de ces violences ne favorise pas le déplacement à la gendarmerie ou au commissariat puisque moins d’une femme sur cinq le fait (16 %). À l’inverse, elles sont plus nombreuses à avoir été vues par un médecin (22 %), à avoir contacté les services sociaux (18 %) ou à avoir consulté un psychiatre ou un psychologue (17 %)”, conclut le rapport. 

Une aggravation pendant le confinement ?

Si les données judiciaires manquent encore sur la hausse des violences intrafamiliales durant le premier confinement , un rapport de la mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et pour la lutte contre la traite des êtres publié en juillet fait état d'une hausse du nombre d’appels au numéro d’écoute à destination des femmes victimes de violences (3919) “et le numéro généraliste pour les victimes (116006) n’a cessé d’augmenter”. Par ailleurs, les moyens de communication dit “silencieux ont connu un essor exceptionnel ; les tchats de la plateforme de signalement des violences sexistes et sexuelles « Arrêtons les violences » ont été multipliés par 4,4 par rapport à 2019 pour tous les faits de violences et par 17 pour les faits de violences intrafamiliales. Le nombre de SMS au 114 a été multiplié par trois.”

À Lyon, la municipalité met à disposition cinq logements pour protéger les femmes victimes de violences conjugales via l'association M.A.S (Mouvement d'action sociale). Cette dernière met aussi à disposition 44 téléphones “grave danger” dans l'agglomération pour permettre aux femmes d'appeler rapidement les secours. 

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