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© Etienne Bouy

Chocs thermiques pour soigner le coeur

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Depuis juillet 2010 l'hôpital Louis Pradel (Bron) s'est équipé d'une nouvelle salle de cardiologie interventionnelle de dernière génération. Le professeur Philippe Chevalier et toute son équipe médicale présentaient ce mercredi deux types d'opération pour faire face à l'accélération ou au ralentissement du rythme cardiaque grâce à un innovant système d'imagerie 3D. Entre + 50° et -50°, le cœur du patient est soumis à des véritables chocs thermiques. Seules trois salles de ce type existent en Europe. Reportage.

Afin de réguler l'électricité du cœur, différents types de traitements sont proposés aux patients qui souffrent de palpitations, d'essoufflement, de douleurs thoraciques ou de pertes de connaissance. Si les soins médicamenteux et le choc électrique externe ne donnent aucun résultat, un acte de radiologie interventionnelle est alors envisagé. Dans ce cas, deux solutions sont considérées : la radiofréquence ou la cryoablation. Impossible il y a dix ans, ce type d'opération supportée par un équipement technologique considérable permet désormais de reconstituer le cœur du patient avant d'aller soigner les parties anomales du cœur du patient. "C'est comme le cockpit d'un avion, avec dix écrans réunis en un seul", a expliqué ce mercredi le professeur Chevalier.

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+ 50° ou - 50 °

Alors que le système de radiofréquence permet de brûler les zones du cœur du patient à l'origine de son anomalie cardiaque à une température de 50°, la cryoablation, elle, consiste à les refroidir en atteignant une température de – 50° environ. "Il s'agit dans les deux cas de remettre les pendules à l'heure", s'est exclamé le cardiologue Philippe Chevalier. A l'aide d'une fine sonde introduite dans la veine fémorale située à l'aine et glissée jusqu'à l'intérieur du cœur, le rythmologue peut visualiser le trajet en temps réel et reconstruire la cavité cardiaque grâce à un plateau technique d'imagerie en 3D.Sandrine, 27 ans, a subi une cryoablation il y a environ trois semaines. Opérée par le professeur Chevalier, elle a décidé de faire recours à la cardiologie interventionnelle six ans après la découverte d'une tachycardie atriale. "Après ma grossesse, mon arythmie cardiaque s'est affirmée. Impossible de monter les escaliers, de faire de gros efforts, mon cœur s'emballait très vite". Elle affirme avoir senti les bénéfices de l'opération dès sa sortie de l'hôpital.

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L'avancée de l'imagerie 3D

Ces interventions qui durent en moyenne de deux à trois heures, sous anesthésie locale, trouvent toute leur efficacité dans le support de la tri-dimension : une avancée remarquable par rapport aux désormais moins fréquentes opérations à cœur ouvert qui ne durent en général pas moins de trois à cinq heures. Si l'hôpital cardiologique Louis Pradel est le premier en France à proposer ce type de salle innovante, l'équipe du cardiologue Philippe Chevalier n'a pas l'intention de s'arrêter ici. Prochain objectif : la création d'un pacemaker biologique à partir de cellules souches embryonnaires humaines qui viendrait remplacer le pacemaker électrique. Une prouesse qui pourrait éviter, dans quelques années, l'implantation de dispositifs électriques qui ne s'adaptent pas aux plus jeunes patients et qui peuvent engendrer, parfois, des risques d'infection.

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