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Alain Chabrolle.

COP21 : “On sait que l’essentiel va se passer au niveau local”

Trois questions à Alain Chabrolle, vice-président du conseil régional délégué à la santé et à l’environnement, au lendemain de l’ouverture à Paris de la conférence mondiale sur le changement climatique.

Lyon Capitale : La région Rhône-Alpes a-t-elle contribué à la négociation autour de la COP21 ?

Alain Chabrolle : Oui, et pas qu'un peu ! En juillet, nous avons reçu le sommet mondial "Climat et territoires", une pré-COP21 au niveau des collectivités, des ONG et des représentants du monde économique. Les engagements pris représentent 60 % des émissions de gaz à effet de serre (GES), l'équivalent d'une réduction de 1,5 milliard de tonnes de GES d'ici 2020. C'est un grand pas en avant. En toute honnêteté, au-delà des accords des Etats, qui sont très importants, on sait que l'essentiel va se passer dans les territoires, au niveau local.

Le 6 juin, on a également participé au débat planétaire sur le climat et l'énergie. Dans notre région, 150 personnes ont débattu (sur 10 000 tout autour du globe, des îles Fidji aux Etats-Unis, en passant par le Zimbabwe). Un exercice de démocratie participative qui a permis de sonder la conscience environnementale de la population. Au final, ce qui ressort, c'est que les engagements doivent porter sur l'arrêt des subventions aux énergies fossiles et l'éducation au changement des comportements individuels.

Quand on voit la mobilisation d'un collectif comme Alternatiba (une initiative de la société civile qui propose des solutions concrètes afin de lutter contre le changement climatique), qui réussit à rassembler près de 20 000 personnes à Lyon et à Grenoble, c'est motivant.

Mais, concrètement, la région est-elle à l’origine d’actions qui luttent contre le changement climatique ?

La région Rhône-Alpes est la première en France à avoir testé le défi "Familles à énergie positive", initié par l’association Prioriterre. Elle a accompagné, aujourd'hui, plus de 1 700 familles à faire des efforts en matière de consommation d'énergie, sans faire de travaux. En moyenne, les familles ont économisé 14 % d'énergie, soit 310 euros dans leur budget et 251 tonnes de CO2.

On a aussi multiplié les TER, investi dans les rames ; lancé un plan d'économies d'énergie dans les lycées (isolation, bâtiments basse consommation) ; créé un fonds air-bois dans la vallée de l'Arve (1 500 familles ont pu bénéficier d'une subvention de 1 000 euros afin de rénover leurs appareils de chauffage au bois, fortement émetteurs de particules fines).

Depuis le protocole de Kyoto, pourtant signé en 1997, les négociations sont un échec. Et les émissions de CO2 continuent de grimper...

Mais parce qu'il faut en faire plus et imaginer un changement complet de notre développement et de notre consommation ! Sans revenir à la bougie... Grâce à l'ingénierie et à l'innovation, nous pourrons accéder à une diversification des sources d'énergie. En Rhône-Alpes, nous avons de la chance, nous avons des centrales hydro-électriques, du soleil et le potentiel de start-up, de PMI compétentes est important.

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