Stéphane Damian-Tissot
© Tim Douet

Sang-Froid, la revue d’investigation qui fait la part belle au polar

Peu après la clôture du festival Quais du Polar, Stéphane Damian-Tissot est l’invité de L’Autre Direct pour présenter la revue qu’il a créée il y a un an : Sang-Froid, qui mêle l’actualité judiciaire et policière avec le polar.

Lyon Capitale : À qui s'adresse Sang-Froid ?

Stéphane Damian-Tissot : On vise le grand public. La première partie de la revue porte sur les affaires judiciaires au sens large : l'enquête, le reportage et le portrait. Dans chaque numéro, il y a aussi un gros dossier. Dans notre numéro de printemps, ce dossier porte sur le mal-être au sein de la police. Dans la deuxième partie de la revue, on est exclusivement sur de la fiction, avec un polar.

Quels sont les thèmes de votre numéro de printemps ?

Comme je le disais, il y a notre dossier sur le mal-être policier. L'idée était de revenir sur toutes les manifestations de l'automne dernier. On a fait tout un article sur la problématique du suicide et de la dépression dans la police. C'est une thématique moins traitée alors qu'il y a chaque année une cinquantaine de policiers qui se suicident. On a aussi une révélation sur les écoutes de François Mitterrand et Anne Pingeot durant la présidentielle de 1965 et un article sur l'attentat du musée du Bardo (Tunisie), qui a maintenant deux ans, car on s'est rendu compte que l'enquête piétine à cause de la mauvaise collaboration entre la France et la Tunisie.

Dans une société considérée comme de plus en plus violente, quel est votre rôle de journaliste dans le traitement des faits-divers ?

On a pris le parti de ne pas traiter de fait-divers. D'autres médias sont sur ce créneau et le font mieux que nous. Il arrive tout de même qu'on le traite quand il a une dimension sociale et sociétale. S'il dit quelque chose de la société. Concrètement, dans le numéro 2 de Sang-Froid, on avait un article sur Pedrinho Matador, un Brésilien qui a tué plus de 100 victimes, dont la majeure partie en prison. On en a parlé parce qu'il avait une maladie mentale très peu connue, mais aussi pour décrire l'ultraviolence de l'univers carcéral brésilien.

Dans tous les cas, pour répondre à la question, il faut toujours faire un travail journalistique en vérifiant ses sources. On a vu récemment dans l'affaire Troadec que les médias sont partis sur la piste du fils au début alors que c'était tout à fait autre chose. C'est pour ça qu'il faut faire preuve de prudence et de mesure. Ce qui est difficile dans ces moments-là où l’opinion publique a envie de savoir.

Retrouvez l’intégralité de notre entretien avec Stéphane Damian-Tissot dans la vidéo ci-dessous.
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