Photo d’illustration d’un moustique tigre. Crédit : Pixabay

Mions lance une nouvelle technique "innovante" de lutte contre le moustique tigre

La Ville de Mions a mis en place, aux côtés de l’entreprise TerraTIS, un plan de lutte consistant à relâcher des moustiques mâles stériles. La deuxième opération de ce plan s'est tenue ce mardi 12 mai.

Le 23 avril dernier, l'Agence régionale de santé (ARS) publiait son bilan de l’année 2025, révélant que 80 % des habitants de la région Auvergne-Rhône-Alpes sont désormais exposés au moustique tigre. Sa présence a ainsi été recensée dans 1 328 communes de la région l’an passé, contre 1 192 en 2024. En France, le moustique tigre serait apparu en 2004 et soulève depuis de nombreuses questions de santé publique, à commencer par la possible transmission de maladies, telles que la dengue ou le chikungunya, en plus des désagréments qu’il provoque au retour des beaux jours. 177 cas de chikungunya, 168 cas de dengue et 2 cas de Zika ont été comptabilisés en Auvergne-Rhône-Alpes en 2025.

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Une nouvelle technique de lutte contre le moustique tigre

Si de nombreuses techniques et astuces sont rappelées chaque année, limiter la prolifération du moustique tigre est désormais l’enjeu prioritaire. À Mions, où la présence du moustique remonte à 2014, le maire (LR) Mickaël Paccaud s’est engagé à y "mettre un coup d’arrêt", pour garantir "la tranquillité" et la santé publique de ces habitants. C’est en tout cas l’objectif que l’édile s’est fixé en s’alliant avec l’entreprise TerraTIS, spécialisée dans les solutions écologiques de lutte anti-vectorielle, qui a développé un plan de lutte contre le moustique tigre consistant à relâcher des moustiques mâles stériles afin que, lors de l’accouplement avec les femelles, ces dernières deviennent elles aussi stériles.

Un lâcher de moustiques mâles stériles à Mions (Clemence Margall)

Après une première opération réalisée début mai dans la commune de l’Est lyonnais, le deuxième lâcher de ce type s’est déroulé mardi 12 mai, allée François Couperin. 30 boites, contenant jusqu’à 3 300 moustiques, vont ainsi être utilisées par parcours, à raison de deux fois par semaines, soit environ 100 000 moustiques par semaine. Le partenariat entre la Ville de Mions et TerraTIS s’étalera sur trois ans, pour un budget annuel de 70 000 euros, permettant ainsi de relâcher 5 millions de moustiques. "On travaille sur un secteur identifié par des spécialistes comme étant le plus impacté par le moustique tigre", détaille Mickaël Paccaud. Objectif : réduire la présence du moustique tigre de "50 à 60 %" la première année, et de "90 %" la deuxième année.

Mais avant d'être relâchés, les petits insectes zébrés sont d'abord élevés, puis stérilisés grâce à des rayons X par TerraTIS. "Les femelles accouplées avec nos mâles vont continuer de produire des œufs, mais stériles, et donc ne donnera pas de descendance", précise Florian Vernichon, responsable d'activités terrain chez TerraTIS. Il ajoute : "Avec cette technique, on diminue la quantité de moustiques tigre sur le long et moyen terme, mais on ne va pas jusqu’à l’extinction de l’espèce localement." Autre avantage, le moustique tigre se déplace peu, environ 150 mètres seulement au cours de sa vie, permettant une couverture efficace des 50 hectares que compte la ville de Mions jusqu'au mois d'octobre.

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Mions, troisième ville de France à tester ce dispositif

Après Brive-la-Gaillarde (Corrèze) et Montpellier (Hérault), Mions est la troisième ville de France à avoir choisi ce dispositif. "L’idée est que l’on soit énormément de communes à se tourner vers cette technique parce qu’il y a une vraie demande de la part des habitants et, qu’à Mions, nous voulons être une ville innovante. Il faut le faire", martèle encore Mickaël Paccaud.

À ses côtés ce mardi, deux habitantes du quartier semblent conquises. "C’est une excellente nouvelle", sourit l’une d’elles. "C’est vrai que depuis plusieurs années, l’été est devenu un enfer. Alors on trouve les solutions que l’on peut. Mais si cette technique fonctionne, c’est génial", s’enthousiasme l’autre sexagénaire. Les premiers retours du dispositif sont attendus d’ici quelques semaines.

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