Une enquête a été ouverte à Paris après un signalement du ministère de l'Intérieur soupçonnant une reconstitution de La Jeune garde, mouvement d'ultragauche dissous en juin 2025, a indiqué mercredi le parquet à l'AFP.
Cette "enquête pour participation au maintien ou à la reconstitution d’association ou de groupement dissous" a notamment été confiée à la Section de recherches (SR) de la gendarmerie de Paris, a précisé le parquet confirmant une information de FranceInfo et BFMTV. Ce délit fait encourir trois ans d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende, a-t-il précisé.
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Mardi, Emmanuel Macron avait réuni à l'Elysée les ministres de l'Intérieur et de la Justice, Laurent Nuñez et Gérald Darmanin, ainsi que les responsables des services de renseignement pour évoquer "les groupes d'action violente qui sévissent et ont des liens avec les partis politiques".
Le parquet a précisé avoir reçu le même jour "un signalement du ministère de l’Intérieur dénonçant la reconstitution, sous forme de structures satellites", de la Jeune garde, dissoute par décret le 12 juin 2025. Ce décret est contesté devant le Conseil d'Etat sans que la dissolution ne soit suspendue en attendant.
Des obsèques dans le Lubéron
Cette réunion intervenait après le décès, il y a dix jours à Lyon, de Quentin Deranque, un militant d'extrême droite radicale de 23 ans, battu à mort par des membres de l'ultragauche. Ses obsèques se sont déroulées mercredi après-midi dans la plus stricte intimité et sans aucun incident à Cucuron, village du Lubéron, a-t-on appris auprès de la gendarmerie, qui était sur place.
Sept personnes ont été mises en examen pour homicide involontaire et complicité. Plusieurs d'entre elles sont proches de la Jeune Garde antifasciste, fondée en 2018 à Lyon par Raphaël Arnault, aujourd'hui député de La France Insoumise.
Selon un participant à la réunion élyséenne, les services de renseignement surveillaient, avant le décès de Quentin Deranque, les "velléités de reconstitution" de groupuscules liés à la Jeune Garde sur "cinq territoires au moins". "Les faits gravissimes de Lyon" sont venus "étayer" le dossier, avait ajouté ce participant.
Si bien que le chef de l'Etat a demandé au ministère de l'Intérieur de lancer les procédures de dissolution de ces cinq "émanations" de la Jeune Garde. Le parquet de Paris a par ailleurs rappelé qu'un "signalement similaire avait porté, en octobre 2021, sur la reconstitution de l’association Génération identitaire". Ce groupe d'ultradroite a été dissous par décret le 3 mars 2021.
La SR de Paris "en avait également été saisie. L'enquête a été clôturée et est à l’analyse par le parquet, afin d’apprécier l’orientation pénale à y apporter", poursuit le ministère public.

Sondage CSA – 81 % des Français souhaitent la démission de Raphaël Arnault. CQFD