À Fourvière, le séminaire Saint-Irénée de Lyon affiche presque complet. Malgré les scandales qui frappent l’Église et la disparition des fidèles, une cinquantaine d’hommes se forment dans l’attente de leur ordination. Reportage dans le quotidien de ces étudiants “pas comme les autres”.
Même auprès de leurs proches, c’est un choix difficile à expliquer. Alors que le nombre de prêtres en France poursuit son inexorable chute – passé de 65 000 en 1960 à 6 500 en 2026 – et tandis que les affaires pénales dans l’Église en France ne cessent de s’accumuler, il demeure pourtant des hommes à Lyon, qui souhaitent entrer dans la prêtrise. Niché sur la colline de Fourvière, le séminaire provincial Saint-Irénée affiche d’ailleurs presque complet avec une cinquantaine de séminaristes en formation, à rebours des statistiques nationales. “En termes d’effectif, nous sommes dans des eaux hautes. C’est la communauté la plus nombreuse que je connaisse depuis douze ans”, observe Grégoire Kornprobst, le père supérieur de l’établissement. Une tendance qui s’explique par le contexte. Faute de candidats, de nombreux séminaires diocésains ont fermé leurs portes. Résultat, Lyon agrège les demandes en recevant les étudiants des diocèses de toute la région, voire de plus loin en France, et même parfois avec quelques profils étrangers (Philippines, Cameroun, Chine, Inde, Ukraine…), envoyés pour prêter main forte dans les paroisses françaises.

Ingénieurs, médecins ou chefs cuisiniers : des profils variés
Devenir prêtre n’est pas une décision qui se prend sur un coup de tête. Tous ont dû débuter par une année de réflexion, appelée propédeutique, suivie de cinq ans d’études mêlant philosophie et théologie à l’Université catholique (Lyon 2e), pour finir par une année de diaconat en paroisse. Ce cursus est aussi un tamis : entre l’entrée en propédeutique et l’ordination, le taux d’arrêt se situe entre 50 % et 60 %. “Le but n’est pas qu’ils deviennent prêtres à tout prix, souligne le père Kornprobst, mais de permettre une réponse libre à un appel intérieur. Donc le mot d’ordre au début c’est vraiment : ‘Connais-toi toi-même.’”

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