Lyon, ses figures, ses gangs, ses guerres

jamais, depuis la fin des années 70, Lyon n'aura aussi bien porté ce surnom. Quelques "beaux mecs" de l'époque refont surface ; les gros voyous des cités roulent sur l'or grâce au trafic de stups et, corollaire classique, les victimes des règlements de comptes entre bandes rivales se ramassent à la pelle.

Dernier exemple en date : mercredi 31 octobre, vers 20h30, deux cousins se font descendre en pleine rue, au calibre 12 et 11.43, par un commando de trois hommes surarmés. Le plus vieux, qui ne soufflera jamais sa 36e bougie, était le baron présumé de la drogue dans le quartier de La Villeneuve. Depuis février 2007, l'agglomération grenobloise compte déjà huit morts. Tous très jeunes, tous issus des cités et tous liés à la came. Flics et magistrats sont unanimes : le milieu traditionnel a quasiment disparu au profit d'une criminalité qui trouve ses principales troupes en banlieue. Quasiment, car, aussi étonnant que cela puisse paraître, des noms du grand banditisme ressurgissent ici et là. Le 26 octobre, Daniel Vaccarizi, la cinquantaine bien entamée, est arrêté à Vénissieux, après des années de cavale et 10 ans à purger pour trafic de stups. Son frère, Raymond, n'était autre qu'un des boss les plus puissants de Lyon, abattu en 1984 à la fenêtre de sa cellule de Barcelone. Quelques semaines avant, c'est au tour de Daniel Rayaud d'être confondu dans un trafic de coke et de cannabis. Le frèrot de l'ex-ennemi public nème1 lyonnais (lire par ailleurs) avait été condamné en 1989 à 5 ans pour avoir vendu des armes à Action Directe. Enfin, la sépulture du juge Renaud, terreur de la pègre lyonnaise des années 70, est profanée. Celui qu'on surnommait "le shérif" pour ses méthodes musclées, avait été abattu à l'été 1975. Le meurtre est resté une énigme. Panorama, non exhaustif, des voyous lyonnais.

Le Parrain de Lyon
Jean Augé, dit "P'tit Jeannot". 1,62m mais une audace de géant. A règné sur le milieu lyonnais au début des années 60 : rackets, braquages, jeux, proxénétisme, trafics en tous genres, y compris la drogue. D'origine modeste, Jean Augé a côtoyé le haut du panier, un pied dans l'establishment lyonnais, un autre dans la pègre. Barbouze pendant la guerre d'Algérie - on le surnommait "Jeannot La Cuillère", sa spécialité consistant à faire sauter les yeux des algériens du FLN et des pieds-noirs de l'OAS avec une petite cuillère -, membre du SAC (service d'action civique), Jean Augé était aussi influent dans le milieu français, cotoyant le clan Zemmour, la famille Guerini ou le "gang des blouses grises" de Paris. Son ascension a pris fin le 15 juin 1973 : il est abattu de onze balles de 11.43 au Sporting Club de Lyon-Plage, où il a ses habitudes. Ses présumés assassins sont les figures montantes : le fameux "Gang des Lyonnais".

Le Gang des Lyonnais
Une équipe exceptionnelle, jamais égalée à Lyon, des membres soudés et doués, et l'un des plus gros braquages de tous les temps au compteur. De la fin 1970 à la fin 1974, la police attribue au gang plus de trente-cinq hold-up. Le patron s'appelle Edmond Vidal, dit "Momon". Un gitan tranquille de Décines dont la vie bascule suite à un petit vol à l'étalage. Il en sortira cassé. Les autres membres se nomment Pierre Pourrat, dit "le Docteur" pour son goût pour les fringues élégantes, Joanny Chavel, dit "le Gros Jeannot", réputé pour son sens de l'organisation des braquages, Nicolas Caclamanos, dit "Nick le Grec", très bon chauffeur. C'est ce quatuor qui donnera au Gang (qui compta jusqu'à 13 membres) ses lettres de noblesse. Le 30 juin 1971, le Gang des Lyonnais réussit un coup d'anthologie : le hold-up de la poste centrale de Strasbourg. 11 600 000 francs, soit plus de 7,1 millions d'euros. Pour la première fois en France, les médias parlèrent de "hold-up du siècle".

Les Italo-Grenoblois
On a souvent parlé de ramifications de la Cosa Nostra à Grenoble, où vit une forte communauté sicilienne. Notamment en raison de la présence de la famille Pagano, liée à la famille présumée mafieuse Sommatino.

Marché des stups, de la prostitution, des jeux... tout y passe. Grenoble est aux prises avec le grand banditisme depuis la Deuxième guerre mondiale. Les Italo-Grenoblois ont décimé les Corses, dans des règlements de comptes ultra sanglants. La justice a rattrapé ces derniers. Aujourd'hui, ce sont les maghrébins qui ont repris les rennes de la ville, avec le juteux marché de la drogue. De source policière, le gâteau est de 40 000 euros par jour. De quoi aiguiser les appétits des trafiquants.
Guy Reynaud
Il dirigea la "bande du Gros Caillou", fine équipe de la Croix-Rousse, au milieu des années 60. Spécialiste des coffres-forts et des braquages en tous genres, la bande écuma tout Lyon pendant plusieurs années. Le 24 décembre 1968, ils réussisent un coup de maître : à 20h, devant la Banque Veuve-Morin-Pons, rue de la République, ils attaquent les convoyeurs de la Compagnie générale des voitures de Lyon. Butin : 300 000 francs et un "Joyeux Noël" lancé aux deux chauffeurs.
Pierre Rémond
Surnommé "Nonoeil" en raison de son strabisme, Pierre Rémond a été le chef de plusieurs bandes lyonnaises. C'est alors l'époque des hold-up à tire-la-rigot, entre Lyon et Paris. Craint et respecté du milieu, Pierre Rémond tombe sous les balles de la police le 2 décembre 1969, en plein quartier d'Ainay,
au Café de la Mairie.

Les commentaires sont fermés

d'heure en heure
d'heure en heure

derniers commentaires

réseaux sociaux

Nos BD
Faire défiler vers le haut