De Marie de Médicis aux pizzerias et trattorias labellisées, Lyon entretient avec l’Italie une histoire d’amour culinaire pluriséculaire. Ce dossier explore l’héritage gastronomique italien dans la capitale des Gaules : vingt-huit adresses certifiées, des familles fondatrices et une dolce vita bien lyonnaise.
Comment la botte a façonné, siècle après siècle, l’âme gastronomique de la première table de France.
Il y a des histoires d’amour qui n’ont pas besoin d’être proclamées pour durer. Celle de Lyon et de l’Italie en est le plus bel exemple. Pendant que Paris se gargarisait de ses influences, Lyon, plus discret, plus gourmand, se laissait traverser par la péninsule. Ses pierres, ses recettes, ses savoir-faire en portent encore la trace.
Épices, guerres et artichaut
Il faut remonter à l’Antiquité. Si Lyon hérite de Rome, de ses amphithéâtres et de ses aqueducs, dans cet héritage mijote aussi une culture alimentaire, un goût pour les herbes, les sauces et les mélanges audacieux. Mais c’est la Renaissance qui va sceller l’affaire. Les guerres d’Italie de 1474 à 1559 transforment Lyon en plaque tournante, un carrefour financier, un centre de ravitaillement, une ville de transit pour les rois de France qui découvrent, en chemin, la gastronomie des cours italiennes. Dans leurs bagages reviennent des saveurs, des techniques et des idées. Et dans leurs esprits, la certitude que la table italienne est une civilisation en soi.
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"En Italie, manger est une manière de voyager à travers les territoires, les traditions et les savoir-faire"