Le sous-commandant Darcos a les oreilles qui sifflent
Controverse. Selon qu'elles sont de droite ou de gauche, les villes de l'agglomération mettront en place le service minimum cher au ministre de l'éducation nationale.L'organisation, jeudi 15 mai, d'un service minimum pour accueillir les enfants en primaire lors de la grève des enseignants ne fait pas (grosse) recette dans le Rhône.
Xavier Darcos a beau avoir demandé, parfois avec insistance, aux maires de France de le suivre, peu de communes plébiscitent la méthode, contrairement aux 60% de Français qui l'approuvent*.
En réalité, c'est on-ne-peut-plus clair : les mairies de gauche votent majoritairement contre, celles de droite pour (sauf Tassin-la-demi-Lune). Sauf que dans le Rhône, d'aucuns attendaient un geste fort et symbolique de Gérard Collomb. Certes, la ville de Lyon est "contre" (elle suit les recommandations de l'Association des maires de France) mais le maire PS de Lyon ne s'est pas érigé en porte-drapeau du "NON", alors qu'à Paris, son homologue Bertrand Delanoë (PS) s'insurgeait, dès le 4 mai et de manière très médiatique, contre le service minimum.
"Inacceptable"
Dans le Rhône, c'est du côté de Vénissieux et de Saint-Priest que les anti se sont faits entendre. Pour Christian Falconnet, adjoint à l'éducation de Vénissieux, "il n'est pas question que la municipalité entrave ce droit de grève, ultime recours pour obtenir les moyens nécessaires pour une Ecole publique de qualité". Et d'ajouter : "cette méthode qui consiste à demander aux fonctionnaires municipaux de "casser la grève" des professeurs est inacceptable". Même son de cloche pour la ville sanpriote : "l'Etat a en charge le temps scolaire. C'est à lui qu'il revient d'assurer l'organisation d'un service minimum, si tel est son choix. La commune de Saint-Priest n'endossera pas cette responsabilité non seulement, parce que ce n'est pas sa mission, mais aussi parce qu'elle respecte le droit de grève de chacun". Villeurbanne aussi refuse car "les conditions de mise en oeuvre de cette mesure montrent l ‘absence totale d'intérêt du gouvernement pour la notion d'éducation et le manque de respect à l'égard de la communauté éducative".
Manque de temps
Quant aux villes "pro", seule Caluire met en place un service minimum dans ses 20 écoles "pour permettre aux familles de mieux s'organiser". Oullins réfléchit pour l'instituer dès la rentrée prochaine, comme Sainte-Foy-lès-Lyon qui le réservera, à l'avenir, aux "seuls élèves dont les deux parents exercent une activité professionnelle". Quant au maire de Meyzieu, Michel Forissier, également secrétaire départemental de l'UMP, il est favorable au service minimum mais de manière moins improvisée. Bref, dans le Rhône, Xavier Darcos n'a séduit qu'au rabais.
* Sondage CSA/i-télé/Le Parisien-Aujourd'hui en France.
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