L’Église protestante de France veut exister différemment


Par Steven Belfils et Caroline Morvan
Publié le 11/05/2013  à 17:45
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Luthériens et réformés se sont officiellement rejoints ce samedi 11 mai au sein de l’Église protestante unie de France. "Une nouvelle manière d'être Église", selon le nouveau président Laurent Schlumberger, et "une décision qui provoque envie et admiration", pour monseigneur Barbarin.

 

Le temple du quai Augagneur était bondé ce samedi 11 mai. Des protestants de toute la France et même du monde entier, s'étaient donné rendez-vous pour vivre un instant historique : le service inaugural de l'Eglise protestante unie de France, qui réunit désormais luthériens et réformés "dans une même barque". Pour l'occasion, de nombreuses personnalités religieuses et institutionnelles avaient fait le déplacement, parmi lesquelles le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, le préfet de Rhône-Alpes Jean-François Carenco, le sénateur-maire de Lyon Gérard Collomb, monseigneur Barbarin, archevêque de Lyon et primat des Gaules, monseigneur Emmanuel, métropolite de France...

"Les institutions religieuses sont marginales"

Comme il l'avait fait il y a quelques jours sur lyoncapitale.fr, Laurent Schlumberger, président du conseil national de l’Église protestante unie de France s'est attelé à expliquer cette union, à la défendre. "Nous qui étions loin les uns des autres et parfois même antagonistes, nous avons été rendus proches (…) Notre Église, et toute Église, est un des visages – un des visages seulement – de l’Église du Christ, a-t-il insisté. Les institutions religieuses sont désormais marginales, les convictions sont individualisées, les affiliations fluctuantes. Depuis 2008, les personnes agnostiques et athées déclarées sont majoritaires en France. Le catholicisme bien sûr, mais aussi l'ensemble cumulé des cultes, est de plus en plus minoritaire. Le protestantisme ne peut donc plus exister en s'appuyant sur un autre culte. Il ne faut pas s'en désoler. C'est ainsi. Et c'est sans doute la chance de trouver une nouvelle manière d'être Église, pertinente dans ce monde-ci."

Se réunir et s'ouvrir

Quant à savoir si cette union approchée entre les deux traditions (réformés et luthériens) a quelque chose à voir avec la montée en puissance des évangéliques, pour Laurent Schlumberger, la réponse est non. "Ce n'est pas une Église contre les évangéliques", précise-t-il. Faut-il alors s'attendre à les voir rejoindre l’Église protestante unie de France ? Pas pour l'instant. Mais Laurent Schlumberger pressent que cette union "travaille certaines Églises".

Cette union interpellerait même jusque dans l'Eglise catholique. "Pour nous, catholiques, et sans doute pour les baptisés des autres Églises chrétiennes, votre décision provoque à la fois envie et admiration, a commenté le cardinal Barbarin. Nous voulons dire merci pour ce que votre geste a de stimulant. L'événement de ce jour étonne et réveille tout le monde."

L'ouverture entre les Eglises chrétiennes commencerait-elle à prendre réellement et concrètement corps ? En tout cas, dans son discours, monseigneur Barbarin a semblé vouloir ouvrir la voie à l'hospitalité dans l'Eucharistie. "Quelles conditions réunir dans une Eglise pour accueillir à la communion eucharistique tous ceux qui respectent la foi et qui agissent en communion spirituelle avec leur propre Église ?" s'est interrogé l'archevêque de Lyon. Pour Laurent Schlumberger, il s'agit là d'un "message fort".

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