Sale temps pour l'Education Nationale à Lyon (1/2)

Des professeurs au chômage qui se plaignent depuis trois mois de l'absence de postes en remplacement sont venus grogner. Des parents d'élèves ont protesté contre la fermeture annoncée d'une école primaire pour déficients visuels.

Les oreilles du recteur et l'inspecteur académique de Lyon n'en finissent plus de siffler. Ce mercredi, deux manifestations se sont déroulées sous leurs fenêtres. Les plus remontés : une petite troupe d'une centaine de personnes venues s'insurger contre l'annonce de la fermeture de l'EREA DV de Villeurbanne, une école primaire pour déficients visuels. La suppression de ces quatre classes est prévue pour la rentrée 2010 mais les manifestants ne sont pas résignés. " A moyen terme, ils supprimeront aussi le collège. L'inspection académique parle d'intégrer les élèves déficients dans le système ordinaire mais l'intégration est un droit, pas un devoir. En milieu ordinaire, ils n'auront pas les mêmes chances de réussite ", souligne Victor Vieira, président de l'association des parents d'élèves. Plus loin, une mère de famille fait signer une pétition : " Mon fils a été pendant deux ans dans une école pour valides et il pleurait tous les soirs. Depuis qu'il est à l'EREA, il se sent bien. Il est même premier de sa classe ". Des élèves du collège ou du lycée de l'EREA DV sont aussi venus défendre leur établissement. " Ici, nous avons de meilleures conditions d'études. Nous sommes dix par classe, nous avons du matériel adapté à notre handicap. On est protégés, on se sent mieux dans notre peau ", souligne Kheireddin , étudiant en BEP à l'EREA. Les manifestants n'ont pu rencontrer l'inspecteur académique et se sont donc contentés de chanter une sérenade à bases de " touche pas à l'EREA " sous ses fenêtres. L'inspection académique justifie sa décision de fermer l'école primaire, où sont scolarisés une quarantaine d'élèves, par la volonté d'intégrer des enfants handicapés dans le système scolaire ordinaire. Les parents d'élèves ont promis qu'ils reviendraient à la charge.

Plus tôt, une petite dizaine de professeurs au chômage était venue rappeler au rectorat qu'ils existent et qu'ils se tiennent prêts à remplacer des instituteurs malades. Ils demandent à avoir accès à la liste des besoins en professeurs des établissements. Moins nombreux et moins bruyants, ils ne se résignent pas pour autant : ils viennent se montrer tous les mercredis depuis trois mois. Et ils se sont donné rendez-vous la semaine prochaine.

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Paul Terra

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