ALyon, la montée du Chemin-Neuf, la pente est sans pitié. Après deux accidents graves, le doute s’installe : les freins des Vélo’v sont-ils à la hauteur ?
Montée du Chemin-Neuf (5e arrondissement), le 26 avril. Une cycliste de 14 ans est propulsée tête la première dans un mur en bas de la descente. Coma artificiel. Le 15 mai, deux ados à deux sur une trottinette en libre-service au même endroit. La conductrice de 17 ans ne serait pas parvenue à freiner à temps.
La question s’est imposée d’elle-même : les vélos en libre-service sont-ils sûrs ? La réponse n’est pas simple. La montée du Chemin-Neuf affiche 7 % de pente en moyenne avec des passages à 13-14 %. Depuis sa fermeture aux voitures, à l’été 2025, la fréquentation a explosé : +77 %, plus de 2 000 deux-roues par jour. Certains y descendent à 40 km/h. Sous pression, la Ville a enfin pris la mesure et la police municipale verbalise, via des opérations de contrôle de vitesse (limite à 30 km/h).
Mais un détail technique agite le débat : les freins à disque des Vélo’v seraient sujets à des surchauffes. Les vélos électriques vont plus vite, font plus de kilomètres et les freins sont davantage sollicités et n’ont pas le temps de refroidir entre deux utilisateurs, expliquait, en fin d’année dernière, à nos confrères du Figaro, JCDecaux, l’opérateur du service. Sur une pente à 14 %, la marge devient mince. JCDecaux assurait que la surchauffe ne compromettait pas le freinage. Peut-être. Mais la question reste posée.
Côté maintenance, le dispositif existe et il est réel. JCDecaux l’a expliqué à Lyon Capitale. Premier pilier : des techniciens à vélo-remorque contrôlent chaque engin deux fois par semaine, pour les “petites réparations, avec une vigilance particulière sur les éléments de sécurité”. Deuxième pilier : quatre révisions complètes en atelier par an sont également programmées. Quant aux Vélo’v électriques, ils sont dotés d’une électronique embarquée : “Un traitement des données par intelligence artificielle permet de diagnostiquer à distance les éventuels dysfonctionnements afin d’effectuer les interventions nécessaires au plus vite.”
Troisième et dernier pilier, via l’application, les utilisateurs peuvent noter leur vélo en fin de trajet : plusieurs signalements successifs sur un problème de sécurité et le vélo est automatiquement bloqué sans intervention humaine. Le système est sérieux. Mais il est conçu pour des conditions normales. On peut se demander si la montée du Chemin-Neuf en est une.
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