LOU Rugby : Baptiste Couilloud, la tête et les jambes


Par Razik Brikh
Publié le 31/10/2017  à 13:24
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Le jeune demi de mêlée Baptiste Couilloud est l’une des révélations du début de saison du Lou Rugby. Retour sur la belle trajectoire de cet enfant de Lyon.

Le joueur du LOU Rugby Baptiste Couilloud © Tim Douet
© Tim Douet
Le joueur du LOU Rugby Baptiste Couilloud.

À première vue, le jeune homme n’a rien d’un rugbyman professionnel. Petit gabarit (1,76 m, 78 kg), visage juvénile, Baptiste Couilloud (20 ans) semble mener une vie tout à fait ordinaire. Sauf qu’il s’agit de l’une des révélations du début de saison du Lou Rugby. Performant sur le terrain, le Lyonnais excelle également sur les bancs de l’université Lyon 1, où il prépare un DUT de génie civil. Une volonté farouche de concilier sport et études. “On n’est à l’abri de rien, juge Baptiste Couilloud, qui a signé au Lou un contrat Espoir de trois ans*. Je ne peux pas abandonner les études, rester comme ça sans diplôme. Je me dois de penser à l’après-carrière.” Un double projet parfaitement en phase avec la volonté du club de rugby d’être exemplaire dans ce domaine. “La poursuite de ses études confirme qu’il a cette capacité mentale à être clairvoyant, estime l’entraîneur du Lou, l’ancien demi de mêlée international Pierre Mignoni. Il se donne les moyens de réussir lors des matchs et au niveau de sa scolarité. C’est ce que l’on souhaite faire avec nos jeunes joueurs.” Baptiste Couilloud a donc des journées bien remplies, avec des soins et des entraînements planifiés le matin et des cours à la Doua l’après-midi. Des contraintes qu’il maîtrise plutôt bien. “Il y a forcément des moments compliqués, car c’est un rythme soutenu, mais aller à l’université me permet de m’évader, souffle-t-il. Cela me fait du bien de couper du monde du rugby, de prendre du recul et de discuter d’autres choses, bon même si mes camarades de la Doua me questionnent souvent sur mon sport !”

Équilibré

Le joueur du LOU Rugby, Baptiste Couilloud ()
©Tim Douët
Le joueur du LOU Rugby, Baptiste Couilloud

Dire qu’au départ, avec un père féru de ballon rond (il a notamment porté les couleurs du FC Vaulx et de l’AS Saint-Priest), Baptiste Couilloud ne s’imaginait pas avec un ballon ovale. “Je voulais faire du foot, comme lui, se remémore-t-il tout sourire. Mais mon père s’est mis à faire du rugby et, comme cela lui a plu au niveau de la mentalité, il m’a incité à m’y mettre aussi.” Le départ d’une belle histoire, débutée au Lou à l’âge de six ans. Des terrains de la plaine des jeux où il jouait en jeunes au stade de Gerland, devenu l’antre du Lou depuis le départ de l’OL. “Ce stade, avec les titres de l’OL, les matchs de Ligue des champions, ce sont de très bons souvenirs, confie Baptiste Couilloud. Mon père aurait adoré jouer sur cette pelouse, alors je sais qu’il était très fier lors de ma première dans cette magnifique enceinte.” L’ancien joueur professionnel Antoine Nicoud, qui officie au centre de formation du Lou et en équipe de France moins de 18 ans, a suivi de près la trajectoire de la jeune pépite du rugby français : “Cela fait plusieurs années qu’on a repéré qu’il avait un certain potentiel, raconte-t-il. Au départ, c’était un bon animateur de jeu, puis il a glissé à la mêlée. C’est un poste qui lui correspond bien. Il est intelligent, très équilibré, il a les idées claires.” Une analyse entièrement partagée par Pierre Mignoni, conquis lui aussi par le profil de Baptiste Couilloud : “Il a de nombreuses qualités au niveau de sa vitesse, de l’intelligence de jeu. Il est capable de créer des incertitudes, énumère-t-il. C’est une belle vitrine pour le Lou.” Très exigeant avec ses joueurs, Pierre Mignoni fait preuve de bienveillance avec son demi de mêlée : “C’est normal, comme on le fait pour tous nos joueurs en devenir, on se doit de l’aider au maximum. Il joue à un poste clef, il a besoin de rester concentré, de ne pas s’éparpiller.” Un message vite compris par le principal intéressé, qui affiche une maturité déconcertante. “Je ne vais pas vous mentir, je suis content qu’on parle de moi car ça veut dire que je performe, mais je ne m’enflamme pas pour autant. Mon rôle au sein de l’équipe est de transmettre mon calme à mes partenaires, alors, si je commence à me prendre pour un autre, ça ne peut pas le faire.”

“Il a les clefs du camion !”

Au sein du vestiaire lyonnais, Baptiste Couilloud a rapidement fait son trou. Une acclimatation réussie dans une équipe composée de nombreux enfants de la maison. “C’est un garçon attachant, plein de fraîcheur, souffle son coéquipier Thibaut Regard (centre, 23 ans), également formé au Lou. Il y a pas mal de jeunes qui viennent du centre au sein de l’équipe, nous sommes une bande de potes. Baptiste est assez chambreur, très dynamique, il s’est imposé naturellement. Il est à l’aise dans son rôle, il a les clefs du camion !” L’hégémonie du numéro 9 symbolise parfaitement la volonté du Lou de donner davantage de temps de jeu à ses jeunes pousses lyonnaises. Cela n’a pas toujours été le cas, rappelle, franc du collier, Thibaut Regard. C’est plaisant de voir qu’on peut réussir dans son club

Le joueur du LOU Rugby, Baptiste Couilloud ()
©Tim Douët
Le joueur du LOU Rugby, Baptiste Couilloud

formateur.” Très à l’écoute, Baptiste Couilloud peut compter sur la bienveillance de l’expérimenté demi de mêlée Frédéric Michalak. “Il est dans un rôle de transmission, il en profite pour partager son expérience. C’est génial de pouvoir apprendre à ses côtés.” Malgré une légère timidité au premier abord, Baptiste Couilloud, qui vit en colocation avec l’un de ses partenaires de club, a le profil parfait du bon copain. Seulement, depuis son immersion dans le rugby professionnel, les regards ont forcément changé. J’ai certains amis qui n’osent plus venir me parler, de peur de me déranger, regrette-t-il. Cela me gêne, car même si je joue avec l’équipe professionnelle, il est nécessaire d’avoir une vie sociale normale. C’est important de trouver un certain équilibre.”

Bientôt plus haut ?

Au moment d’aborder ses ambitions en équipe de France, Baptiste Couilloud, qui a connu des sélections en U18, U19 et U20, s’empresse de calmer le jeu : “J’ai encore une grosse marge de progression à franchir. Je dois d’abord m’installer dans mon club formateur avant de songer à plus haut.” Son ancien entraîneur Antoine Nicoud n’hésite pas à se mouiller davantage : “Il présente toutes les caractéristiques du haut niveau et je n’ai pas peur de dire qu’on le retrouvera vite en équipe de France. En tout cas, c’est ce qu’il doit viser.” Très attaché à sa ville, le jeune demi de mêlée a un rêve secret qu’il dévoile les yeux grands ouverts : “Soulever le bouclier de Brennus** avec le Lou, ce serait magnifique, car c’est mon club, ma ville. Vous comprenez pourquoi je ne peux pas me permettre de lâcher, que j’ai toujours cette envie de tirer le Lou vers le haut ?” Effectivement, tout le monde l’a bien saisi.

* Il pourra signer un contrat professionnel à 22 ans, comme le permet le règlement.

** Le bouclier de Brennus est le trophée qui récompense le vainqueur du Top 14.

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