Lyon se lance dans le tourisme médical


Par Guillaume Lamy
Publié le 28/11/2012  à 16:19
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La mairie et l’office du tourisme envisagent sérieusement de positionner la ville de Jules Courmont et d’Alexis Carrel sur le tourisme de santé.

Des princesses arabes qui viennent suivre un traitement contre l’infertilité ou pratiquer une insémination artificielle, des Africains traités au service des brûlés, des Suisses et des Russes en séjour pour une rhinoplastie ou un lipomodelage des seins, des Italiens opérés du cœur… Chaque année, des étrangers passent sur les billards lyonnais. En 2011, 870 d’entre eux ont ainsi été pris en charge par les HCL – une moyenne depuis 2006*, soit à peine 0,3 % des hospitalisations globales enregistrées par les HCL. On est loin des 250 000 patients, issus de 102 pays étrangers, soignés en Jordanie.

“Quand je suis arrivé à Lyon, fin 2004, début 2005, explique François Gaillard, directeur de l’office de tourisme et des congrès de Lyon, on a commencé à étudier le sujet. Mais, avant de vendre un package global avec le médical, il fallait d’abord être très bon sur l’offre touristique classique. C’est aujourd’hui chose faite. Il est désormais primordial de positionner Lyon comme une destination médicale. Nous allons travailler dessus ces prochaines années.” Si ce tourisme de santé peut apparaître comme une niche, au regard des cinq millions et demi de touristes qui viennent chaque année visiter Lyon, il n’en reste pas moins qu’il génère des sommes parfois considérables. En Jordanie, les visiteurs médicaux ont ainsi laissé une enveloppe de près d’un milliard de dollars en 2007 (pour comparaison, le tourisme global à Lyon a généré un milliard d’euros l’année dernière).

Émirs et athlètes de haut niveau

La Ville s’empare également du sujet. Pour Jean-Louis Touraine, premier adjoint au maire de Lyon et chef du service de transplantation et d’immunologie clinique à l’hôpital Édouard-Herriot, “Lyon a une légitimité à séduire les touristes qui veulent se faire soigner. Historiquement, la ville a été très attractive car elle accueillait les premiers hôpitaux du royaume de France”. Les premiers touristes venus se faire soigner à Lyon étaient les Italiens du Sud, mal reçus en Italie du Nord et peu confiants dans leur système de santé. Depuis quelques années, ce sont les Émiriens qui débarquent entre Rhône et Saône, principalement pour les inséminations artificielles, la chirurgie du genou et du cancer, toutes trois très en pointe. Les footballeurs français et étrangers, souvent victimes de rupture des ligaments croisés, les handballeurs, rugbymen, tennismen, bref, les athlètes de haut niveau, viennent également régulièrement dans les services du docteur Bertrand Sonnery-Cottet (hôpital privé Mermoz) et du professeur Bernard Moyen (centre hospitalier Lyon Sud) – les derniers en date, Hassan Yebda, joueur de foot au FC Grenade (Espagne), et Jean-Baptiste Grange, champion du monde de slalom, se sont fait opérer les 7 mars et 11 avril derniers. David Trezeguet, champion du monde de foot avec les Bleus en 1998, a aussi été opéré, de l’épaule gauche, quand il était à la Juventus de Turin. Boulevard des Belges, François Niforos, chirurgien esthétique mondialement connu et l’un des dix key opinion leaders d’Allergan, le laboratoire californien qui fabrique le Botox, admet 25 % d’étrangers parmi sa clientèle, dont beaucoup de Grecs, de Suisses, d’Italiens, d’Européens de l’Est, d’Ukrainiens et de Russes.

Lyon, ville phare sur le médical

Alors que la ville est déjà en pointe sur l’organisation et l’accueil de congrès médicaux, Jean-Louis Touraine interroge : “Pourquoi Lyon ne pourrait-elle pas devenir une ville phare dans certains domaines médicaux ? Nous devons encourager cette attractivité médicale car, au-delà de l’intérêt économique, cela permettrait à nos praticiens de “s’entraîner” sur des maladies rares ou peu communes. Pour cela, nous devons développer des appareillages sophistiqués. Il faut aussi organiser cette attractivité avec des hôtels d’accueil.”

* Il ne s’agit pas de tourisme médical à proprement parler, ces chiffres incluant les séjours hospitaliers des étudiants étrangers séjournant en France, des touristes ayant besoin d’une hospitalisation durant leur séjour, etc.

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