À Lyon, les religions avec Macron ?


Par Mathilde Régis
Publié le 25/04/2017  à 15:18
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De manière directe ou détournée, les représentants religieux lyonnais se sont exprimés sur le scrutin de l'élection présidentielle.

Le grand rabbin Wertenschlag, le cardinal Barbarin et le recteur de la grande mosquée Kamel Kabtane © Jeff Pachoud / AFP
© Jeff Pachoud / AFP
Richard Wertenschlag, Philippe Barbarin et Kamel Kabtane.

Si le grand rabbin de France, Haïm Korsia, avait appelé avant le 1er tour de l'élection présidentielle à "faire barrage aux extrêmes", le grand rabbin de Lyon, Richard Wertenschlag, ne souhaite pas faire de recommandation à sa communauté pour le second tour de l'élection présidentielle. "Nous ne faisons jamais de recommandation pour respecter la neutralité que nous devons observer. Par contre, nous avons le droit de protester contre des déclarations qui peuvent choquer la communauté juive, par exemple, la remise en question de la prise de parole de Jacques Chirac en 2002 sur la France, redevable des crimes terribles de Vichy, car il s'agit là d'une forme de négationnisme vis-à-vis d'une réalité. Mais aujourd'hui, les électeurs n'ont pas besoin de nos conseils, chacun peut réagir en fonction de ses propres sensibilités. Nous ne sommes plus au temps où l'on donnait des positions et de toute façon, les gens sont assez mûrs pour décider d'eux-mêmes" indique-t-il à Lyon Capitale.

Des critères de discernement pour l’Église catholique

À Rome pendant l'entre-deux tours, le cardinal Barbarin n'a pas pu répondre à nos questions. Pour l'heure, le diocèse de Lyon renvoie avant tout vers la prise de parole de l’Église catholique à travers la conférence des évêques de France. Dans un texte publié au soir des résultats du 1er tour, une partie concerne "les fondamentaux pour aider au discernement". L'accroissement du phénomène migratoire, qui est "un constat, pas un combat", nécessite selon l’Église une "solidarité au niveau européen". Des prises de positions plus proches de la vision d'Emmanuel Macron que de celle de Marine Le Pen. Le président de l’Église Protestant Unie de l'ensemble Grand Lyon, Étienne Tissot, se rattache aussi au texte de la fédération protestante de France qui met notamment en garde contre les extrémismes. "Habituellement, nous n'allons pas plus loin que ce qui peut être dit au niveau national. Les paroissiens sont majeurs et vaccinés et nous n'intervenons pas directement dans la vie publique" explique-t-il.

Le "devoir d'appeler à battre l'extrême droite" du recteur de la grande mosquée

"Nous ne pouvons que résister face à la montée de tous les extrémismes, quel qu'il soit, et notamment l'extrémisme politique tel qu'il se manifeste par la présence au second tour de Madame Le Pen." Kamel Kabtane ne passe pas par quatre chemins pour associer la grande mosquée de Lyon à la démarche engagée par la grande mosquée de Paris et appelle les fidèles à voter Emmanuel Macron. "Il est de notre devoir d'appeler les républicains, qu'il soit musulmans, juifs ou chrétiens, à se mobiliser pour battre l'extrême droite et faire en sorte que la devise de la France - Liberté, Égalité Fraternité - soit permanente" précise-t-il à Lyon Capitale. Au premier tour, il avait, ainsi que Chana Benaïcha, le président du conseil régional du culte musulman, appelé les musulmans à se rendre aux urnes"Une minorité de jeunes citoyens français de confession musulmane considère que le vote est illicite et prétend que la République ne serait pas compatible avec l’islam. Conscient de son devoir en tant qu’institution représentative de l’islam de France, le Conseil Régional du Culte musulman Rhône-Alpes, lance un appel aux imams et aux responsables de mosquées à sensibiliser les fidèles à se rendre massivement aux urnes pour élire notre prochain Président de la République, car c’est à la fois leur devoir de citoyens et leur droit de musulmans" avait écrit Chana Benaïcha.

Le dernière expression publique commune des représentants religieux à Lyon avait été envoyé à la veille du 1er tour. Dans un communiqué commun, ils appelaient à la paix et soulignaient le "besoin de sérénité" du pays. "Dans la Métropole de Lyon, humblement, à notre place et comme bien d’autres, nous souhaitons lancer un message pour l’unité et être une présence de paix" concluaient-ils. 

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Vos réactions
1 commentaire

Personne ne se rend compte que le programme économique d’extrême droite c'est celui de Macron ?!?
Les gens ne savent plus lire ?

Signaler un abus | le 04/05/2017  à 15:15 | Posté par  inesP  

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