Fnac Jukebox sérieux concurrent pour Deezer et Spotify ?

Face à Deezer ou Spotify, la Fnac vient de lancer son offre Jukebox. Comme ses concurrents, ce service permet d’écouter de la musique en streaming sur un ordinateur, mais aussi sur un mobile ou une tablette. Fnac Jukebox peut-il réellement concurrencer Deezer ou Spotify ? Premier verdict.

Janvier 2013, la Fnac abandonne sa plate-forme de vente de musique dématérialisée. Incapable de faire la différence dans une lutte l'opposant à la toute-puissance d'Apple et d'iTunes, l'enseigne française a déposé les armes. Un an plus tard, elle revient dans la course de la musique en ligne par un nouveau biais.

En effet, la Fnac a décidé de ne pas s'attaquer une nouvelle fois à Apple, mais de concurrencer Deezer ou encore Spotify avec un service de streaming en ligne. Ce dernier permet d'écouter de la musique sur un ordinateur ou un appareil mobile. Pas de grosse surprise, Fnac Jukebox propose un site Internet ainsi qu'une application, qui permettent tous deux de picorer dans les morceaux disponibles et d'accéder à des radios en fonction de ses préférences (uniquement à partir de l'abonnement Jukebox illimité). En apparence, on reste en terrain connu, dans la lignée des offres déjà proposées par Spotify ou Deezer.

Des tarifs à la carte avec option mobile

La Fnac se distingue de ses concurrents en optant pour une formule à la carte. Ainsi, pour 2 euros par mois, il sera permis d'écouter 200 titres directement choisis par l'abonné. Pour 4,99 euros, l'utilisateur aura accès à tout le catalogue Fnac via le navigateur de son ordinateur. Enfin, une option à 5 euros est disponible pour écouter de la musique en illimité sur son mobile ou sa tablette y compris hors connexion. Pour résumer, un abonné qui peut se contenter de 200 titres par mois mais qui voudrait en profiter sur son téléphone devra débourser 7 euros.

Pour bénéficier de l'intégralité du catalogue proposé par la Fnac y compris sur son mobile, il faudra payer 9,99 euros par mois, le même tarif que Deezer ou Spotify. Dans tous les cas, la Fnac propose les morceaux en qualité classique ou haute qualité (320 kbps), le tout est sans engagement. Dès lors, l'enseigne ne casse pas les prix et contrairement à ses concurrents ne propose aucune formule gratuite pourtant bien utile pour capter les indécis. Il faudra se contenter de 15 jours gratuits pour tester le tout (30 jours pour les adhérents Fnac).

Deezer propose 3 formules : une première gratuite avec de la publicité, proposant l'écoute uniquement sur ordinateur, 10 h par mois. La formule Premium à 4,99 euros supprime cette limite de 10 h ainsi que la publicité. Enfin, l'écoute sur mobile et tablette y compris hors connexion est débloquée avec le Premium+ à 9,99 euros par mois.

Spotify fait plus simple encore, avec seulement 2 formules : une gratuite pour écouter sa musique sur tous les supports (ordinateur, tablette, mobile). Il faut cependant accepter la publicité tous les 3 ou 4 morceaux. Par ailleurs, sur mobile, seule la lecture aléatoire est autorisée. La formule Premium à 9,99 euros par mois supprime ces contraintes et rajoute l'écoute hors connexion ainsi que la disponibilité des morceaux en haute qualité (320 kpbs).

L’argument du conseil

Dans un secteur où la concurrence est dure, la Fnac espère se démarquer avec les conseils de ses disquaires. Pour l'instant, cette promesse est loin d'être tenue. Jukebox propose actuellement de découvrir Cascadeur, Bruce Springsteen, Cats on Trees ou... Fauve – bref, rien de très original. Heureusement, la Fnac pallie ce défaut avec la fonction “suivre des éclaireurs” et découvrir leurs conseils. Essentiellement communautaire, mot magique qui signifie aussi "demandons aux gens de produire du contenu gratuitement", cette idée devrait être rapidement utile pour ceux qui veulent sortir des sentiers battus et découvrir des pépites.

Des manques à combler

Le service Jukebox débute juste, mais certaines absences font déjà tache. Ainsi, aucune application pour tablette n'est disponible à l'heure actuelle. La Fnac promet qu'elle arrivera bientôt. Le plus désagréable reste sans aucun doute l'impossibilité de profiter de l'écoute sur plusieurs supports en même temps sans être automatiquement déconnecté à chaque fois. Il est profondément agaçant de devoir toujours se reconnecter sur la version ordinateur après avoir écouté de la musique sur son smartphone.

Par ailleurs, on ignore encore combien de morceaux sont réellement proposés par la Fnac. L'enseigne se contente d'annoncer "des millions" quand Deezer ou Spotify communiquent sur 30 millions de titres chacun. Difficile de savoir ceux qui sont absents (les dernières nouveautés, comme l'album GIRL de Pharrell Williams sont bien au rendez-vous). Cependant, au hasard, nous ne sommes pas parvenus à trouver le groupe Pentanomix, expert en beatbox, connu sur le Web pour ses reprises des Daft Punk et présent sur Spotify et Deezer. Seule une utilisation plus poussée permettra de se rendre compte s'il y a véritablement des omissions impardonnables, pour le coup nous avons surtout essayé de piéger le service.

Enfin, Jukebox venant juste d’apparaître, il n'est intégré dans aucun appareil. Pour le moment, aucune chaîne hifi, enceinte autonome ou amplificateur n'est compatible avec Fnac Jukebox, contrairement à Deezer ou Spotify qui ont déjà colonisé de nombreux écosystèmes. Pour profiter de ses morceaux sur l'installation du salon, il faudra donc passer obligatoirement par un ordinateur, une tablette ou un smartphone.

Verdict

En l'état actuel, Fnac Jukebox a peu de chance de concurrencer Deezer ou Spotify même si certaines bonnes idées sont là. L'offre à 2 euros par mois pour accéder à 200 titres de son choix plaira sans aucun doute aux allergiques à la publicité qui veulent profiter librement de leurs morceaux favoris sans pour autant être boulimiques en matière de musique.

Pour le reste, l'offre de la Fnac est trop proche de celles de Deezer ou Spotify pour réellement se démarquer, sans posséder certains avantages de ses concurrents. Par exemple, Deezer est disponible gratuitement avec certains abonnements Orange tandis que Spotify a misé sur une offre gratuite qui remplit parfaitement son rôle (à condition d'accepter la publicité et surtout de ne pas avoir le droit de choisir l'ordre de ses morceaux sur support mobile). La Fnac espère faire la différence grâce à son image rassurante et surtout la carte du conseil. Pas sûr que cela suffise en 2014 pour imposer un service de streaming musical.

d'heure en heure
d'heure en heure

derniers commentaires

réseaux sociaux
Faire défiler vers le haut