Apple Watch : un très gros défaut dans une histoire de temps

Apple a dévoilé la date de sortie et les prix de sa Watch, une montre connectée. Vendue à partir de 349 dollars, l'Apple Watch dépasse les 11 000 euros dans ses finitions les plus onéreuses. Ce positionnement tarifaire soulève un gros défaut tout en nous rappelant la plus grande qualité des montres de luxe.

Va-t-on entendre la phrase : "si à cinquante ans, tu n'as pas une Apple Watch, tu as raté ta vie ?". Une chose est sûre, la montre connectée d'Apple qui sortira le 24 avril, bénéficie d'une très grande amplitude tarifaire. Le modèle sport d'entrée de gamme sera vendu à 399 euros en version 38 mm, 449 euros en 42 mm. La déclinaison métal est pour sa part proposée entre 649 euros et 1249 euros. Enfin, le modèle édition spéciale en or débute à partir de 11 000 euros, jusqu'à 18 000 euros des prix qui soulèvent une question : quelle sera la durée de vie du produit ? C'est bien là le principal défaut de l'Apple Watch et la plus grande qualité des montres de luxe classiques. La première a peu de chance de dépasser la décennie, en étant très optimiste, les secondes peuvent durer toute une vie et même être léguées à ses descendants comme une sainte relique d'une dure vie de labeur. Paradoxalement, le plus gros défaut de l'Apple Watch s'inscrit donc dans une histoire de temps.

Un produit qui bénéficie d'une espérance de vie courte

Ainsi, les sommes demandées par Apple semblent bien élevées quand on pense à cette notion de durée de vie de produit, surtout dans un contexte où l'on parle régulièrement d'obsolescence (programmée ou non). L'Apple Watch n'est pas un produit fait pour traverser le temps comme pourrait l'être une montre de luxe. Premier maillon faible, sa batterie qui devra être à un moment ou un autre changée, sans doute au bout de deux ou trois ans comme un smartphone. Ce défaut peut être gommé si Apple maintient un solide SAV à travers les années, voire décennies. Se pose également la question de la fiabilité. On ne parle pas ici d'horlogerie toujours réparable par des hommes ou femmes que l'on qualifierait parfois d'artiste, mais bien de composants high-tech qui peuvent lâcher, se dégrader. Quid d'une réparation, l'échange standard sera-t-il de mise ? Qui pourra donner une nouvelle vie à une Apple Watch achetée 11 000 euros dans dix ans et surtout les composants seront-ils encore disponibles quand il n'est pas difficile de trouver des engrenages ? L'autre réserve sur la pérennité reste le fil à la patte que représente l'iPhone. Il faudra toujours l'avoir à proximité de la montre pour la synchroniser. Sans lui, l'Apple Watch n'est qu'une coquille vide. Plus d'iPhone, plus de montre, c'est aussi simple que cela. Si la firme à la pomme arrête un jour la compatibilité entre un smartphone plus récent et une montre plus vieille, elle sera transformée en joli bracelet, qui ne sera peut être même plus capable de donner l'heure.

Les Apple Watch de luxe, un gadget pour très riche

La Watch a 399 euros peut-être sympathique pour ceux qui auront envie d'avoir un bel objet. Au-delà de 1000 euros, il s'agit davantage d'un gadget pour très riches qui n'auront que faire d'une montre capable de traverser les âges et s'en serviront avant tout de marqueur social pendant quelques mois, années au mieux. Une sorte de compagnon pour milliardaire souhaitant frimer avec un produit potentiellement jetable. De leur côté, les montres de luxe classique restent un objet empreint d'une certaine noblesse perdant au final peu de valeur même plusieurs années après leur achat. L'Apple Watch vient de nous rappeler ce lundi soir qu’une belle montre est un objet intime qui peut accompagner notre quotidien comme le témoin d'une existence plus ou moins remplie. En ce sens, l'Apple Watch, qui devra être rechargée tous les jours, et ne durera pas des décennies, est une vraie régression d'un point de vue technologique, mais aussi humain.

d'heure en heure
d'heure en heure

derniers commentaires

réseaux sociaux
Faire défiler vers le haut