Bureaux du Parlement européen à Strasbourg en 2006 © Ilan Garzone / AFP
Que l’on ait été commissaire, député ou assistant parlementaire, le passage dans les institutions européennes est une précieuse monnaie d’échange dans le privé, notamment les cabinets de lobby. Plus que le traditionnel pantouflage de fin de course, les carrières européennes dans la bulle bruxelloise s’inscrivent de plus en plus dans ces allers-retours du public au privé. Des passerelles devenues de véritables “revolving doors”, portes tournantes poussant ceux qui les empruntent tantôt à influencer leurs collègues de la veille, tantôt à réguler les intérêts d’un ancien employeur.
Thierry Coste, lobbyiste des chasseurs, et Gilles Chabert, conseiller montagne de Laurent Wauquiez © Brut / MaxPPP (montage LC)
Gilles Chabert, le conseiller spécial Montagne de Laurent Wauquiez, possède un carnet d’adresses bien rempli. Quant à Thierry Coste, le lobbyiste en chef des chasseurs, il a courroucé Nicolas Hulot, qui l’a mentionné au rayon des raisons l’ayant poussé à démissionner – une parmi les nombreuses victoires enregistrées par les chasseurs depuis le début du quinquennat Macron.
Chantier à Lyon © Tim Douet
Les compétences des élus locaux en matière d’urbanisme intéressent un lobby bien précis : le BTP. À mi-chemin entre clientélisme et lobbying, les réseaux lyonnais et leur porosité avec le monde politique disposent d’un vrai poids.
Les bureaux de la Commission européenne, à Bruxelles © Emmanuel Dunand / AFP
Autour des institutions européennes, qui fixent la plupart des règles du jeu pour les entreprises des pays membres, la pression des lobbys est colossale. Ils ont un rôle bien défini dans le processus de décision. La transparence accrue n’empêche pas une forte porosité entre les élus et les entreprises.
L’immeuble lyonnais de Bayer à la Confluence © Tim Douet
Jean-Pierre Clamadieu chez Solvay et Pierre Courduroux chez Monsanto sont deux poids lourds du puissant lobby de la chimie.
Laboratoire © Tim Douet
Le tarissement des financements publics pousse les chercheurs à trouver des fonds privés, avec le risque de favoriser les conflits d’intérêts. Mais le lobbying concerne aussi les questions sociétales, à propos desquelles les députés sont soumis aux assauts de groupes de pression, des vegans aux religieux (avec un régime de faveur pour les derniers).
Pour défendre ses intérêts économiques, l’industrie du tabac agit à de nombreux échelons : experts, députés ou encore Interpol. Le tout sur fond de conflits d’intérêts. Quant à la filière viticole, elle possède l’un des plus gros lobbys en France et exerce son influence au plus haut niveau de l’État afin d’assouplir la loi Évin.
Blocage du port Edouard-Herriot par la FNSEA – Lyon, le 11 juin 2018 © Jean-Philippe Ksiazek / AFP
Le lobby agricole est à la manœuvre pour mettre sous le boisseau les risques alimentaires liés notamment aux produits phytosanitaires. En Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez est l’un des principaux soutiens de la FNSEA, premier syndicat agricole.
La centrale nucléaire du Bugey, à Saint-Vulbas (Ain) en 2011 © Jean-Pierre Clatot / AFP
Avec quatorze réacteurs installés en aval de Lyon, Rhône-Alpes-Auvergne est la région la plus nucléarisée de France. Les collectivités locales bénéficient ainsi de larges subventions liées à la présence des centrales nucléaires sur leur territoire, au point parfois d’en dépendre.
Le député du Rhône Bruno Bonnell, à l'Assemblée nationale, le 27 juin 2017 © Tim Douet
Plus encadrés, les groupes de pression se sont réorganisés. Les cadeaux ou avantages en nature ont été remplacés par des méthodes plus pernicieuses, dont l’objectif est de créer une proximité, pariant sur le long terme.

Posts navigation

1 2