Ils ne le reconnaissent plus. Gentil, à l'écoute, bienveillant, c'est un nouveau Gérard Collomb que les élus et les notables lyonnais retrouvent après son intermède ministériel. L'opération séduction semble marcher. Le 5 novembre, peu de voix devraient manquer. Le PS se perd en injonctions contradictoires. David Kimelfeld a tenté cette semaine de faire preuve d'autoritarisme à la veille du début de sa future cohabitation. Cette semaine, le calme avant la tempête était encore très relatif.
Gérard Collomb de retour à Lyon après sa démission © Tim Douet
Homme politique pionnier au début des réseaux sociaux, Gérard Collomb a profité pendant un temps d'une certaine bienveillance sur Facebook et Twitter. Mais depuis son passage au ministère de l'Intérieur, les interactions des internautes sont bien moins sympathiques.
Gérard Collomb et David Kimelfeld au conseil de la métropole, le 10 juillet 2017 © Tim Douet
Jérôme Payen et Arabelle Chambre-Foa, respectivement chef et directrice de cabinet à la métropole de Lyon, ont été congédiés ce lundi par David Kimelfeld, le président de la collectivité. Il estime que la confiance est rompue avec ces deux collaborateurs fidèles à Gérard Collomb.
Cathy Bouvard, aux Subsistances, en octobre 2018 © Tim Douet
Depuis quinze ans à la tête des Subsistances, Cathy Bouvard s’est vu proposer un défi qui ne se refuse pas : les Ateliers Médicis, dont l’ambition est rien de moins que de transformer par la culture la ville de Clichy-sous-Bois et de faire émerger des artistes qui ne soient pas “du sérail”. Une des fondatrices de Lyon Capitale tire donc sa révérence et dresse à cette occasion le bilan d’une ville qui a muté. Avec la crainte qu’elle ne se re-quenellise…
Pour le prochain conseil municipal qui se tiendra le 5 novembre, les élus socialistes appellent la majorité à ne pas soutenir l’ancien ministre de l’Intérieur.
Le calendrier s'accélère. Après le retour de Gérard Collomb et avant son sacre annoncé du 5 novembre, la droite a décidé de riposter. Étienne Blanc et Pascal Blache sont officiellement candidats. S'ils ont vocation à se retrouver d'ici à 2020, leurs entrées en matière les éloignent. Pendant ce temps, David Kimelfeld affine sa stratégie et Gérard Collomb cajole ses élus. Pour mieux les dévorer ?
Rassemblement des soutiens à Collomb sur les quais du Rhône, en janvier 2008 © RRF
Lors des deux dernières campagnes municipales, Gérard Collomb a fait la différence grâce à un soutien large de personnalités de la société civile venues d’horizons politiques très divers. Pour l’instant, ils ne sont pas nombreux à se positionner en sa faveur pour 2020.
Arrivée de Gérard Collomb à la gare de Perrache, le 3 octobre 2018 © Tim Douet
Le retour de Gérard Collomb ne ressemble pas à la marche de l’empereur qu’il avait imaginée en quittant précipitamment la place Beauvau aux premiers jours d’octobre. Les élus et la société civile ne lui ont pas déroulé le tapis rouge. Ce retour qui s’opère en couple brouille aussi les perspectives politiques des Collomb, notamment auprès de La République en Marche.
David Kimelfeld, à l’hôtel de ville de Lyon, le 17 octobre 2018 © Tim Douet
David Kimelfeld semble avoir choisi son rôle pour 2020. Il ne trahira pas Gérard Collomb, d’autant plus qu’il a réussi à conserver la présidence de la métropole de Lyon. En revanche, de l’intérieur, il œuvre pour rendre impossible une nouvelle candidature de l’ancien ministre d’État.
Jean-François Debat (PS) / Nathalie Perrin-Gilbert / Pierre Hémon (EELV) © Tim Douet
De l’intérieur (Pascal Blache, David Kimelfeld) ou de l’extérieur (Nathalie Perrin-Gilbert), Gérard Collomb est menacé comme jamais, à dix-huit mois des élections municipale et métropolitaine. Son retour a cristallisé les mécontentements et relègue au second plan les inimitiés qui ont jusqu’à présent paralysé une union des gauches.

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