Nicolas Canivet
Tim Douet

Une gouvernance en crise à Lyon natation métropole

Après un vote "truqué", la présidence de Lyon natation métropole va procéder à une nouvelle élection de son conseil d'administration.

Tensions et conflit de pouvoir, un classique dans d’un club sportif. Depuis quelque temps, l’ambiance au sein de la gouvernance de Lyon natation métropole n’est pas au beau fixe.

Ce lundi les adhérents de Lyon natation métropole sont de nouveau convoqués par la présidence afin d’élire leur conseil d’administration. Le 13 mars, le président, Nicolas Canivet, les a informés par courrier de la raison de cette nouvelle élection, ainsi que de la situation que traverse le club.

Conflit de pouvoir

D’un côté, Nicolas Canivet, dénonce des "rumeurs" véhiculées par des personnes de l’association afin de "déstabiliser l’organisation en place à des fins personnelles", ainsi que des tricheries lors de la dernière élection du conseil d’administration, par ces mêmes personnes. D’un autre côté, un groupe de frondeurs reproche à la présidence sa manière de gérer le club.

Le 15 novembre dernier, les adhérents de Lyon natation, réunis en assemblée générale, élisaient le nouveau conseil d’administration, qui a ensuite nommé un nouveau bureau le 6 décembre. Nicolas Canivet est reconduit à son titre de président pour un 3e mandat.

De là débutent les complications. Le poste de président est limité à deux mandats selon les statuts de l’association. En plus de cela, des adhérents se plaignent que des personnes auraient voté avec des pouvoirs non valides. Le président accuse alors les frondeurs et inversement, les frondeurs soupçonnent le président. Une expertise juridique est alors demandée par le nouveau conseil d’administration, qui décide ensuite d’annuler l’élection et de procéder à un nouveau vote.

Une situation symptomatique des tensions internes

Ces votes truqués illustrent une lutte pour le pouvoir, qui résulterait d’une "discorde au niveau de la politique sportive", selon Nicolas Canivet, interrogé par Lyon Capitale.

Les frondeurs reprochent au président "une activité de nage transformée en produit de consommation", selon un membre du club. Une course aux adhérents et aux résultats, se traduisant par des "départs de nageurs pour d’autres clubs" à cause de la pression subie, des salariés mis au placard, d’autres favorisés par la direction, ainsi que des décisions prises unilatéralement par la présidence, depuis la dernière assemblée générale.

Nicolas Canivet, qui a permis au club de se redresser financièrement suite au départ de l’ancien président en 2011, se défend. "C’est un club qui se gère comme une entreprise, qui a besoin de se développer économiquement pour envoyer plus de nageurs en compétition. C’est la logique marketing, mise en place par le directeur, qui a permis au club de se redresser et de récupérer des adhérents. Il faut allier le financier au sportif pour que ça marche". Quant au départ de nageurs en cours d’année, "il s’agit de choix personnels. La natation est un sport qui nécessite beaucoup d’heures d’entraînement. C’est une pression positive qu’on met aux nageurs qui ne respectent pas leur agenda sportif". Le président dénonce de la désinformation de la part de ses opposants, ainsi que "de l’ingérence à la place des entraîneurs de la part d’un membre du conseil d’administration". Si Nicolas Canivet affirme agir par amour pour le club et la ville, ses opposants affirment agir en "faveur des adhérents".

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