Tony Parker : "Faire de l'ASVEL un grand d'Europe"

Je connaissais bien le projet de l'ASVEL depuis ma venue dans le cadre des NBA Europe Live en 2006. Je pense que les fondations ici sont saines, avec un bon mariage entre tradition et modernité. Mais ce qui est excitant, c'est qu'il y a encore beaucoup à faire. Je suis un homme de challenge et le challenge qui se présente à l'ASVEL est enthousiasmant. Avec Gilles Moretton, le projet est entre de bonnes mains. Gilles a un passé riche dans le milieu du sport, je vais pouvoir apprendre énormément à ses côtés. Nous parlons le même langage et nous avons la même envie : faire de l'ASVEL un grand d'Europe.

Quels types de joueurs pourraient venir renforcer l'équipe ? Pensez-vous pouvoir attirer de grands joueurs alors que le niveau de la Pro A a baissé ces dernières années ?
Je ne vais pas dessiner seul le visage de l'ASVEL version 2009/2010. J'ai la chance de travailler avec des gens qui ont énormément d'expérience. Je pense à Pierre Grall (directeur exécutif de l'ASVEL), qui a construit cette équipe avec le coach Vincent Collet. En ce qui me concerne, j'ai la chance de côtoyer de nombreux joueurs tout au long de l'année en NBA. Certains joueurs ne sont pas conservés parce qu'il n'y a pas de place pour tout le monde. Je peux donc très bien conseiller certains joueurs à l'ASVEL.

Peut-on imaginer Tony Parker porter le maillot de la Green Team ? Et si oui, à quelle échéance ?
C'est effectivement une possibilité. A la fin de ma carrière NBA, je pourrais très bien effectuer une dernière année au plus haut niveau avec l'ASVEL. Je serais très heureux de terminer ma carrière en France, devant le public français. Ce serait pour moi une sorte de tournée d'adieu.

Comptez-vous résider à Lyon ? Être présent régulièrement au sein du club ?
A ce jour, ce n'est pas d'actualité. La saison NBA se déroule d'octobre à juin. Si vous y ajoutez l'équipe de France l'été, vous vous rendez compte que je suis pris douze mois sur douze. Par contre, je serai en contact régulier avec tout le staff de l'ASVEL.

En tant que vice-président, quels sont les chantiers qui vous semblent prioritaires pour faire progresser l'ASVEL ?
Obtenir les meilleurs résultats possibles dès cette année. Mais aussi préparer l'avenir, comme boucler le projet de la nouvelle salle qui accueillera les matches et obtenir la licence A en Euroleague. On n'imagine pas une seconde que ces deux projets ne se concrétisent pas. Il nous faut donc travailler dès maintenant à la construction d'un effectif qui puisse viser le Top 16 Euroleague la saison prochaine.

On le sait pour figurer en Euroligue, l'Asvel doit se doter d'une nouvelle salle. Suivez-vous le projet de cette nouvelle salle de 15 000 places ?
Bien évidemment que je suis le dossier. Gilles Moretton et Antony Thiodet me tiennent régulièrement au courant de l'avancée du projet. Cette salle est primordiale pour l'avenir de l'ASVEL. Tous les plus grands clubs européens disposent d'une salle de 10 000 spectateurs et plus. Il est donc normal que Villeurbanne ait envie de grandir aux côtés des meilleurs. La France mérite une telle salle.

Pensez-vous qu'un jour, une équipe européenne comme l'ASVEL, puisse intégrer le championnat NBA ?
Pourquoi pas ? David Stern, le président de la NBA, en parle depuis plus de cinq ans. Mais bien évidemment, c'est un projet très lourd à mettre en place. Cela va prendre de nombreuses années. Malheureusement, j'ai bien peur d'être à la retraite le jour où ça arrivera. (Rires)

Propos recueillis par Razik Brikh

Crédit photo : Hervé Bellenger (IS)

Repères : La NBA en Europe, quelle formule ?
Quand on parle de NBA en Europe, trois formules sont envisageables : soit une Ligue européenne estampillée NBA où les franchises européennes joueraient entre elles, au sein d'une NBA-bis (et il faut le dire, au rabais) qui constituerait également un vivier de joueurs que les clubs NBA n'hésiteraient pas à venir piller. Soit, comme l'évoque Antony Thiodet, une conférence européenne où les Européens se qualifieraient entre eux pour des playoffs où ils affronteraient les meilleures équipes américaines. Soit encore, une NBA globalisée avec une division ou conférence européenne qui participerait à l'ensemble du championnat, c'est-à-dire à la phase de saison régulière en rencontrant les équipes américaines.

Seule certitude, la NBA semble ne pas vouloir de la première option, l'expérience déjà tentée par son homologue du football américain avec la NFL Europe ayant été un échec cuisant. Jacques Monclar, lui ne croit guère à la seconde option : "les équipes US bataillent suffisamment pour obtenir une place en playoffs, ce n'est pas pour laisser des Européens s'incruster sans les avoir affrontés pour se qualifier". La dernière option : celle d'un championnat 100 % transcontinental reste ouverte et dépend en grande partie de solutions à trouver pour adapter un calendrier où les équipes aient le moins possible à effectuer d'éreintants voyages au-dessus de l'Atlantique.

K.M

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