L'OL féminin joue sa 4e finale de Ligue des champions

Les filles de l’OL participent ce 23 mai, au stade londonien de Stamford Bridge, à leur 4e finale de Ligue des champions.

C’est historique. Jeudi 23 mai, les féminines de l’OL vont établir un nouveau record, en participant à leur quatrième finale consécutive en Ligue des champions. Presque une formalité pour la bande de Gerland, éduquée à la carotte des titres et prête à tout rafler. Invaincue en championnat, l’équipe de Patrice Lair a remporté début avril un septième titre consécutif en championnat de France. Championnes de France, finalistes de la Champions League, elles iront peut-être chercher à Clermont, le 9 juin, une cinquième Coupe de France. Trop fortes en France, les Lyonnaises rivalisent avec les plus grandes équipes de foot féminin en Allemagne, en Suède et aux États-Unis.

La recette du succès de ces ladies des prés ? Une formule en trois ingrédients : une équipe de rêve, un entraîneur hors pair et des conditions de travail idéales.

Des conditions de travail idéales

Comme toutes les grandes équipes, l’OL a d’abord une histoire. “La réussite de la section féminine, c’est vingt-cinq ans de travail, lance Paul Piemontese, président historique de la section. En France, le foot féminin est né dans les années 1970. Mais, bien souvent, il s’est construit dans le cadre d’une expression assez féministe. Nous, à Lyon, nous avons voulu construire un vrai projet.” Dans ce projet, la clé de la réussite tient à la fusion de l’organisation féminine avec la grosse machine OL. D’abord club indépendant (Football-Club de Lyon), la section est intégrée à l’Olympique lyonnais par son président, Jean-Michel Aulas, en 2004. Une entreprise rodée où tout est mis à la disposition des filles : terrain d’entraînement, salles de muscu et de récupération, staff médical particulier, réfectoire, Smart blanches… Même si les joueuses sont encore sous contrat fédéral, l’organisation est professionnelle jusqu’au bout des crampons. “En ce moment, lors des matchs très importants, nous avons à notre disposition deux kinés en permanence pour suivre toutes les filles”, révèle ainsi Jean-Jacques Amprino, le médecin de l’équipe. Coût : entre 3,5 et 4 millions d’euros annuels. Une paille dans le budget global de l’OL (120 millions), mais le double voire le triple des sommes engagées par les autres clubs français.

Une équipe de rêve

L’OL au féminin, c’est, sur le terrain, un maximum de pépites du ballon rond sur un minimum d’espace. Signe évident de cette profusion de talents, lors des dernières compétitions avec l’équipe de France, dix joueuses lyonnaises portaient le maillot bleu. Sans abuser d’un recrutement à l’international, l’OL compte néanmoins quelques talentueuses joueuses étrangères, toutes auréolées de distinctions individuelles. Lotta Schelin, l’attaquante suédoise de 29 ans recrutée en 2008, est l’arme fatale de l’OL : trois fois récompensée, en 2006, 2011 et 2012, par le Diamantbollen (Ballon de diamant), trophée décerné par la fédération de Suède aux meilleures joueuses du pays. Megan Rapinoe, un joker de luxe arrivé en décembre 2012, fut nominée pour le Ballon d’or de la Fifa en 2012. Lara Dickenmann, milieu de terrain suisse à Lyon depuis 2009, était la meilleure joueuse du championnat suisse en 2004. Et Shinobu Ohno a été championne du monde 2011 avec le Japon… L’entraîneur Patrice Lair n’a que l’embarras du choix pour aligner onze filles sur le terrain.

Un coach hors pair

“Patrice a réussi à créer une force dans notre groupe, qui nous rend comme invincibles”, confie dans un sourire Sabrina Viguier, la défenseure de l’OL. La méthode du coach : le travail, rien que le travail. Connu pour son exigence, Patrice Lair s’est vu attribuer une réputation d’entraîneur de fer à la discipline quasi militaire. “Il est très dur, mais il est aussi très juste”, tempère la capitaine, Sonia Bompastor. Arrivé dans la Capitale des Gaules il y a trois ans, après avoir gagné quelques titres avec les féminines de Montpellier puis entraîné les Espoirs de Savalou, au Bénin, et l’équipe du Rwanda côté hommes, le Breton de 51 ans a fait de l’OL au féminin une machine de guerre. Avec une dimension toutefois très humaine. “Il a réussi à faire de nous un groupe très, très soudé”, confirme Sonia Bompastor. Où tout traitement de faveur est banni : “Tout le monde est placé sur le même pied d’égalité”, répète-t-il. Seul le travail légitime la présence sur la pelouse les jours de match. Quitte à laisser les “stars” sur le banc de touche, ou les envoyer en équipe réserve. Très dur avec ses joueuses, Patrice Lair n’en est pas moins proche. “Il nous connaît toutes par cœur, affirme la capitaine. Au moindre coup d’œil, il peut détecter si une fille ne va pas bien.” Et aussi se montrer féroce pour défendre ses protégées. Récemment, à l’occasion des propos machistes de Bernard Lacombe sur RMC (celui-ci avait lancé : “Que les femmes s’occupent de leurs casseroles !”), le coach des fenottes est monté vivement au créneau face au conseiller du président Aulas, menaçant même de démissionner : “Un contrat, ça peut se casser”, a-t-il tranché sur les ondes de RTL. Ajoutant, blessé : “J’ai toujours une boule au ventre et c’est quelque chose qui me restera gravé à vie.”

En décembre 2012, Patrice Lair a prolongé son contrat avec l’OL jusqu’en 2015. Après avoir longuement hésité, tenté par l’expérience d’une équipe masculine. Mais le groupe de ses filles est plus fort que l’ambition personnelle.

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